LUST, CAUTION
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Mis à part le premier film et le HULK aux critiques peu flatteuses, j’ai toujours suivi la carrière d’Ang Lee depuis 1993. Sa thématique est celle d’un amour contrarié, d’un personnage qui se cherche, se dédouble et essaye de se sortir d’une situation.
Les titres des films en sont révélateurs, toujours opposés en français comme en anglais : Raisons et sentiments, Tigres et dragons, Salé sucré et le dernier Lust, Caution.
On notera tout de même que la traduction des titres, enlève le côté contradictoire explicite entre les sexes : pour Salé, Sucré le titre anglais était ‘Eat Man, Drink Woman’ (Mange l’homme, Bois la femme). On pourrait traduire Lust, caution par Désir et prudence, le titre français étant Amour, Luxe, Trahison.
L’aspect sexuel est souvent présent dans les histoires du réalisateur taïwanais. On se souviendra du SECRET DE BROKEBACK MONTAIN, mais aussi de GARÇONS D’HONNEUR (1993) où un homosexuel organise un simulacre de mariage pour plaire à ses parents, THE ICE STORM dont l’action se situe dans les années 70 avec une soirée échangiste entre amis (son film le moins réussi).
Les films d’Ang Lee semblent alterner intérêt et ennui. C’est dans cette seconde veine que l’on peut classer LUST, CAUTION qui sous prétexte d’un contexte historique (Shangaï pendant la deuxième Guerre mondiale), va conter l’histoire d’un groupe d’étudiants qui se met en tête de tuer un collaborateur. Ce projet amènera le sacrifice de la virginité de celle qui doit faire succomber ce Monsieur Yee, avant que les sentiments ne l’emportent sur la raison.
On perçoit la structure d’un scénario aux différentes ramifications et explications politiques, historiques, sexuelles et émotionnelles. Oppositions entre apparence et désir, sentiments cachés et actes manqués, mission et amour, haine et tentation, sexe et émotion, on pourrait disserter sur tout cela, mais à l’écran cela est ennuyeux.
Tout d’abord le film est long, 2h38. Les mouvements de caméra rapides du début se calment pour une mise en scène théâtrale, trop à mon goût. Lors de nombreuses scènes, on se remémore le film de Wong Kar Waï « IN THE MOOD FOR LOVE », le rôle tenu par Tony Leung n’est pas étranger à cela. Sur certaines scènes, on dirait un copier/coller, mais en moins réussi et sans la magie, à l’instar des scènes de mah-jong.
La psychologie du personnage central, à savoir cette jeune étudiante délaissée par son père partie en Angleterre et remarié, est présentée mais le trauma qui va engendrer la suite, beaucoup moins ; comme son basculement de la séduction à l’attirance pour cet homme si impitoyable et sans cœur.
Et puis, il y a les scènes insistantes de sexe explicite qui veulent nous faire comprendre avec les différentes positions stylisées, le passage à l’amour entre les personnages. Ces scènes sont, je pense à l’origine de l’envie du film pour le réalisateur. La dernière chez le bijoutier - lorsque la jeune femme regarde avec émerveillement le diamant œuf de pigeon - est à l’image du film, convenue et presque ridicule.
On pourrait résumer le film à cette scène : Ang Lee a voulu mélanger différents éléments pour en faire un exposé qui n’arrive pas à dépasser le simple fait d’une liaison qui plus simple (donc plus courte) aurait eu plus d’intérêt.
