MENU

"Le monstre criminel type est le prédateur d'enfant"

  • Kitano
  • Voyages

Comment le pédophile est-il devenu le meurtrier que la société ne peut pas supporter ?

La fabrique des figures de "monstre criminel" est complexe et fluctuante.
Imagine-t-on de nos jours un poète assassin, comme Lacenaire, en figure de monstre ? La société de 1830 est pourtant choquée par lui, au point d'en faire un miroir de toutes les monstruosités de l'époque.
Le monstrueux évolue donc. La recherche du "type criminel", récidiviste irréductible, connaît son apogée dans les années 1880 avec la thèse du "criminel né" du professeur Cesare Lombroso.
De nos jours, le monstre criminel peut avoir un physique banal.


La figure du monstre criminel se construit aussi en fonction de la transgression.
Le crime le plus élevé dans la hiérarchie des peines fut longtemps le parricide, qui suscitait la plus forte réprobation sociale.

A partir du milieu des années 1850 s'esquisse un mouvement de victimisation des accusés et de criminalisation des victimes.
Cette émergence d'un regard compréhensif posé sur le parricide est liée à la nouvelle figure de l'enfant à protéger ; bientôt de l'enfant victime.

Ce mouvement provoquera peu à peu un complet renversement, qui ira jusqu'à déchoir le parricide de son statut de crime ultime et tabou, laissant la place à cette figure contemporaine du mal absolu que sont les meurtres et les infractions sexuelles commis sur des enfants.
C'est ainsi que le monstre criminel "type" est devenu pour notre société le prédateur d'enfant, d'apparence "normale". Fritz Lang l'a magistralement mis en scène dès 1931 avec M le Maudit.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
A bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog