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Archives : 3L3PHANT

  • Kitano

Hommage.

Un de mes amis me demandant le nom de mon blog, fut étonné de la réponse. Visiblement, il semblait ne pas me connaître et en plus ne pas être cinéphile. Lorsque je me suis lancé dans l’épopée blog, il m’a fallu procéder à un choix.

De toutes évidences, deux noms me sont venus à l’esprit : Closer et Last days. Le premier faisait référence au titre du second album de Joy Division, le dernier au film de Gus Van Sant.

Dans les deux, se voulait l’idée paradoxal d’abord du journal intime livré à tous, mais surtout du second degré du titre : plus on se rapproche et plus s’éloigne. Des derniers jours qui n’en finissent pas et une fin qui débute. J’ai donc penché pour le film.

Dans les deux cas, que de points communs. Les deux personnages se sont suicidés marquant à jamais la musique rock. Sans eux, que serions-nous ? Mais avec nous, ils n’ont pu surmonter leurs difficultés mentales, psychologiques et physiques. Ian Curtis et Kurt Cobain : êtres à vif, extérieurs à l’action. Chacun aura son film. Bientôt, pour Ian Curtis avec Anton Corbjin comme réalisateur, celui qui l’avait pris en photo, en noir et blanc à la fin des années 70. Prémonitoire.

Le film de Gus Van Sant s’inscrit dans sa trilogie de la solitude. Après Gerry, superbe ballade qui finit mal, presque sans paroles, au travers de paysages dont certains lunaires, il enchaînera avec ELEPHANT (mais qui sortira avant Gerry) qui aura la palme d’or à Cannes pour clôturer avec LAST DAYS ou les derniers jours d’une rock star. Dans ce film, inutile de chercher le cliché rock, la star ou un esthétisme à la Alan Parker (les Doors). Le mal-être, les problèmes psychologiques et psychiatriques d’un être sensible perdu dans son monde sont présents voire obsessionnels, étouffants ; malgré quelques détails décalés, qui en font le comique.

Pas envie, non, pas envie de vivre de cela. Celui qui avait tant donné à la musique se retrouve toujours plus seul sans possibilité de communication. Une des plus belles scène est celle ou la bassiste de SONIC YOUTH (Kim Gordon, également conseillère sur la musique du film) vient parler au chanteur et lui annonce sa fin. Presque un sans faute pour Van Sant, si ce n’est qu’il se sent toujours obligé de glisser une scène homosexuelle sans intérêt. Mais, pour l’ensemble du film, la réussite est totale. Totalement mal à l’aise, même lorsque l’on connaît la vie de Cobain. En collant à l’image de la rock star dans sa vie personnelle, créative et intime, Van Sant nous touche profondément.

 Last days ou le journal intime d’un fantôme.

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