MENU

QUAND L'EMBRYON PART BRACONNER

  • Kitano
  • Films

Le moyen le plus radical de ne pas assister à une séance de cinéma avec des adolescents qui se croient dans une salle de classe et donc, qui me pousse à intervenir pour faire cesser les chuchotements, est d’aller voir un film interdit aux moins de 18 ans.

Je ne pouvais laisser passer ce film japonais des années 60, tourné en noir en blanc par un réalisateur qui eut un passé de yakusa et qui verse dans le genre ‘pink’  ou  ‘pinku eiga’ , mélange d’érotisme et d’histoire psychologique.

Quarante et un an après sa sortie, force est de constater que la mise en scène de Koji Wakamatsu est moderne avec son noir et blanc stylisé : le film flirte avec l’aspect tendu de la mort qui rôde, gros plans qui savent compléter une action se passant exclusivement dans un appartement (mis à part la scène de début dans une voiture). De l’extérieur, on n’entendra que le bruit de la pluie. Bien que l’élément liquide reste un fil rouge ou plutôt noir : bain, douche, eau, lait, alcool, liquide séminal.

En une heure douze, nous allons assister à la séquestration et aux sévices sadiques que va subir une vendeuse par son directeur de magasin en proie à l’abandon de sa femme et un rapport à l’image de l’enfance perturbé avec sa mère.  Si des qualités esthétiques sont présentes, le reste est plus que discutable.

C’est un film théâtral, le scénario tient en peu de lignes, certaines scènes à être répétées deviennent lourdes sinon outrées. Ce directeur de magasin qui refusait à sa femme une grossesse (il avait subi volontairement une opération), est impuissant, le fouet parant à cet handicap dans sa jouissance. Le rapport avec sa mère est étalé sur le classique ‘la maman et la putain’.

On pourrait certes, y voir un rapport social entre dominé et dominant qui se retrouve dans l’acte sexuel, à cette différence que la personne emprisonnée, garde sa liberté de pensée sans être esclave d’un passé et de troubles du passé. Dans le Japon des années 60, le propos devait être révolutionnaire. D’ailleurs, le réalisateur fut un militant de l’extrême gauche.

Le film ne tombe pas dans le genre ‘horreur’, car ce n’est pas le but, et il y a oscillation entre la situation érotique et celle de comique involontaire de la prisonnière ainsi que le visage de son tortionnaire dans certaines images en surimpression. Le film atteint ses limites dans des dialogues ésotériques ou théoriques sur la situation de l’homme, sa façon de voir la femme, ainsi que de pensées sur la société.

Vous n’aurez sûrement pas l’opportunité de voir ce film, il n’en existe que 3 copies en France. Aux dernières nouvelles, Koji Wakamatsu a réalisé cette année, un film qui lui tient à cœur avec pour sujet L’armée rouge japonaise.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
A bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog