"Nous ne sommes pas des privilégiés" (03/12/2007)
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Mardi dernier, lors du défilé, on m’a donné un tract qui disait que « défendre les retraites, c’est indispensable ». Venant de la CGT, on pouvait penser à juste raison que les idées avancées prennent parti pour les cheminots. Des idées et des chiffres.
Le déficit des régimes spéciaux, au moins pour la SNCF vient d’abord d’un déficit démographique : 310 000 retraités pour 163 000 actifs cotisants. Comme on peut penser que le nombre de retraités va augmenter tandis que celui des cotisants va baisser, le problème financier se pose de façon encore plus aiguë.
Les médias télévisuels ont sûrement omis de mentionner les conditions de travail que subissent les cheminots. Non, Teache A, je ne parle pas du charbon dans la loco ! Mais des contraintes du
service public : continuité du service tous les jours et surtout les jours fériés, travail posté, horaires atypiques, sécurité des circulations, entre autres. Certes, ce ne sont pas les seuls, me
direz-vous. C'est sûrement pour cela qu'un ouvrier vit en moyenne 3,1 années de moins qu'un cadre.
Le Gouvernement a donc gagné, ce qui était prévisible. Il a gagné la bataille des esprits. Non pas avec les fonctionnaires, les cheminots mais avec le peuple. La victoire c’est l’alignement à 41 ans de cotisations.
40 me diront certains. Il faut cotiser 40 ans pour toucher une retraite à taux plein.
Je persiste 41 ans. Certes, je suis en avance de quelques mois. Car en 2008, la Commission (la COR : Commission
d’orientation des retraites – cor-retraites.fr) se réunira et décidera de porter le nombre d’années de cotisations à 41 d’ici 2012.
Je ne l'invente pas, je l'ai lu dans leur rapport disponible sur le net (200 pages tout de même - j'y reviendrai la semaine prochaine).
Et ensuite en 2012, la Commission se réunira encore, ainsi de suite tous les 4 ans, jsuqu'en 2020. Et même si le déficit
est comblé, on nous dira qu’avec le gain d’espérance de vie, il faut travailler plus pour avoir moins de retraites.
La retraite avec 40 annuités paraîtra un temps passé, voire imaginaire pour la nouvelle génération. Comme une durée de travail de 41 ans d’affilée aussi, pourrais-je rajouter.
