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Extrait Entretien avec Maurice Bejart 2004

  • Kitano

Le danseur Gil Roman est codirecteur du Béjart Ballet Lausanne depuis 1993. Lui donnez-vous des directives par rapport à cet héritage de 200 ballets que vous avez créés ?

Mes ballets appartiennent à mes danseurs et au public. Qu'ils en fassent ce que bon leur semble. Gil danse avec moi depuis qu'il a 16 ans. Il a interprété toutes mes pièces, dont certaines lui ont été transmises par mes danseurs historiques que furent Jorge Donn et Paolo Bortoluzzi. Il est au coeur de mon oeuvre, une mémoire vivante, et sait ce qu'il faut en faire. Je ne suis pas un père abusif, ni possessif. Je n'ai d'ailleurs aucun sens de la propriété. Mes droits d'auteur vont à ma fondation, qui donne des bourses à de jeunes danseurs. Je ne possède rien. Ce n'est pas une volonté de sacrifice, c'est ainsi.

Les hommes et les femmes sont mis en valeur dans vos spectacles. Le couple aussi. L'amour est-il toujours au coeur de vos préoccupations ?

Je chorégraphie souvent les hommes en groupe. Les femmes, en revanche, je les mets en scène seules. Pour moi, la femme est unique. Je verrais assez bien une société d'hommes dirigée par une femme. Les femmes possèdent un sens pratique et psychologique plus fort que les hommes. Quant à l'amour, il est omniprésent. Mon prochain spectacle au Palais des sports, L'Amour, la Danse, recompose, dans le sens d'une grande fresque, des extraits de mes ballets sur l'amour.

Vous avez collaboré avec le compositeur Pierre Henry. Avez-vous un nouveau projet avec lui ?

Il m'a composé une musique intitulée Mobile immobile que je compte mettre en scène, soit avec ma compagnie en 2005, soit avec celle de l'Opéra de Paris en 2006. Brigitte Lefèvre, directrice de la danse, désire que nous organisions une soirée : elle souhaitait des reprises. J'ai refusé. Je veux créer.

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