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L'HOMME SANS AGE

  • Kitano
  • Films

Dix ans depuis L’IDEALISTE, presque 15 depuis ce DRACULA réussi, qui donnait au personnage titre une autre dimension. Il y avait de l’attente à voir le nouveau Francis Ford Coppola.

Attente qui va s’avérer décevante tant le film est long, sorte de copier/coller de scènes dans différents pays, melting pot de différents genres et sûrement testament d’un cinéaste qui n’a plus l’énergie créatrice du XXe siècle et qui va se contenter d’un film cérébral, plutôt littéraire comme le sujet de son film.

Dominic Mattei, est un professeur en linguistique qui a sacrifié sa vie pour essayer de sortir un livre qui présenterait  la découverte des origines du langage. Frappé par un éclair dans la Roumanie des années 30, il va en réchapper en retrouvant en plus une nouvelle jeunesse lui permettant de poursuivre son œuvre tandis que des forces du Mal de l’époque voudrait collaborer avec lui. L’histoire ne fait que commencer.

Les spécialistes du réalisateur américain vont pouvoir faire moult références à sa filmographie, mais ce qui marque, c’est la référence au cinéma allemand expressionniste dans sa tonalité, ainsi qu’au film LE TROISIEME HOMME, dans la première partie. On pourra bien entendu y voir un lien avec la lumière et l’histoire d’amour de Dracula.

Le problème du film est de deux ordres : tout d’abord scénaristique, il y a un côté lynchien avec ce dédoublement que superpose la rencontre avec Véronica qui se heurte avec la confusion des genres (historique, policier, amour, possession, fable) ensuite découpage du film. Il semble que le réalisateur se soit voulu universel pour filmer dans le monde entier avec différents styles et différents buts. Aucun ne sera atteint car, en plus, l’interprétation de Tim Roth n’est pas du tout convaincante, voire irritante. A partir de là, on va suivre en se lassant, cette histoire qui s’étale sur trente ans et qui finit à son point de départ en étant passé par une malédiction divine telle celle de Job.

Film à la trame de théodicée(1), il est transparent d’y voir la pensée de Coppola, celui qui voulait changer une industrie et qui a fini par exploiter des vignes. Son personnage est son double, il préfère ne pas prendre parti, ni pour le Bien et encore moins pour le Mal. Le film lorgne donc sur de nombreux genres mais n’arrive pas à en traiter un, n’arrive pas à aboutir comme pour l’œuvre du personnage dans le film. On peut même y voir une scène d’auto flagellation lorsque l’on entend « tu n’es qu’un raté, tu ne publieras jamais ton livre ». En tant qu’idéaliste, on sait ce que va choisir son personnage entre l’amour, sa pensée profonde et la réussite d’une œuvre.

Le mot THE END, à la toute dernière image, dont fait écho le générique classique des années 30 du début, pourrait faire penser à un film testament sauf qu’un autre film est en tournage avec pour thème la famille, dont aucune allusion est faite dans ce film. Le titre original, JEUNESSE SANS JEUNESSE (Youth without youth), était un faux-semblant, comme d’ailleurs le titre français.

 (1)Pour le philosophe, cela consiste à prouver que, malgré le Mal, l'Histoire a un sens, une direction et que cette direction aboutira au Bien.

 

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