WASSUP ROCKERS
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Le premier contact avec Larry Clark ne m’avait pas laissé de bons souvenirs. J’avais manqué KIDS (1995) mais pas KEN PARK (2003). Si le film débutait par une image choc (un suicide), les thèmes abordés et surtout certaines scènes se révélaient malsaines par ce sentiment que le réalisateur voulait choquer le public. Il ne sera donc pas question d’inceste dans son dernier film sorti en 2006.
Juste après le nouveau Gus Van Sant, on ne peut échapper au parallèle entre ces deux cinéastes qui portent un regard sur la jeunesse
dont ils arrivent à en montrer les sentiments. Si le cinéma de Gus Van Sant reste aérien, contemplatif, se concentrant sur les regards entre garçons, Larry Clark est plus physique, empathique,
son rapport à la sexualité plus cru avec des adolescentes qui prennent l’initiative.
Dans WASSUP ROCKERS, le réalisateur s’intéresse à un groupe de jeunes garçons âgés de 13 à 17 ans, originaire d’Amérique centrale
(Guatemala, Salvador) vivant à South Central autrement dit et redit par l’un des garçons ‘dans le ghetto’. Ils aiment le skate, les filles et doivent éviter des bagarres avec les ‘noirs’ qui
n’aiment pas leur style vestimentaire si différent d’eux. Cet environnement est violent mais entre eux, ce sont des rapports classiques entre copains.
La musique est aussi présente dans leur vie (comme dans le film), il joue du punk rock. Le film se divise en deux parties : la
première est la présentation du groupe, de leur milieu et la seconde la virée à Beverly Hills qui va mal se terminer. A vouloir être plus soft, Larry Clark a voulu être plus drôle : ce n’est
pas réussi, surtout dans la deuxième partie qui va accumuler clichés (l’acteur eastwoodien, la party gay, la femme alcoolique, la fuite) et histoire bâclée.
Car, ce qui intéresse Larry Clark, c’est le rapport avec le corps, voire les rapports sexuels dont aucun ne sera montré. Il semble
même prendre un malin plaisir à les interrompre (dans la chambre, dans le coffre de la voiture, dans la chambre d’une des adolescentes bourgeoise, dans la baignoire). En fait, le film devient touchant lorsque débarrassé de ses tics, il laisse les jeunes s’exprimer avec naturel dont le point d’orgue serait la conversation sur le lit avec la jeune
bourgeoise. A chacun sa violence. Le film se termine en évitant le pire et même avec un sourire, communicatif.
Après avoir filmé le ‘trop’, Larry Clark est cette fois handicapé par un manque de scénario qui, même avec une fibre vérité et un aspect social, fait encore penser que son système cinématographique est limité.
