BAC : coller les résultats aux statistiques
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'ai corrigé l'épreuve de sciences physiques du bac général S (option SI) cette
année et l'épreuve de sciences du bac L l'année dernière. J'ai passé le bac D en 1985. A cette date environ 30 % d'une génération obtenait le bac (20 % le bac général et 10 % le bac
technologique). En 2005, 63 % d'une génération obtenait le bac (34 % le bac général, 17 % le bac technologique et 12 % le bac professionnel).
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Au bac, l'objectif est de faire coller les résultats aux statistiques (et non l'inverse). La note générale d'une matière est à peu près définie par avance par l'inspecteur pédagogique régional, avant la correction.
Les barèmes de l'épreuve sont très généreux avec les questions faciles. Si une réponse contient quelque chose de correct, les points correspondants sont donnés (même si d'autres parties de la réponse sont erronées voire parfois en contradiction flagrante avec la partie correcte).
On commence par corriger une dizaine de copies de son paquet et on communique la moyenne à l'inspecteur pédagogique régional. Si cette première moyenne est trop basse par rapport à la moyenne fixée par avance pour l'Académie, le barème est modifié pour favoriser les questions les plus réussies et toutes les copies sont corrigées avec le nouveau barème.
Si la moyenne est encore trop basse, on modifie de nouveau le barème. Si la moyenne est encore trop basse on arrondit toutes les notes au point supérieur. Si la moyenne est encore trop basse on ajoute un point à tout le monde ...
Certains professeurs ont tendance à augmenter fortement la note des meilleures copies et à ne pas trop modifier la note des mauvaises copies : la moyenne générale monte et c'est moralement plus supportable. Cela explique en partie, selon moi, les moyennes générales extrêmes (parfois supérieures à 20 / 20) que l'on observe de plus en plus couramment.
Toutes ces pratiques n'ont évidemment rien d'officiel !
