La moitié de la population mondiale est citadine
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Les bidonvilles rassemblent 1 milliard d'humains, un sixième de la situation mondiale, qui vivent dans des conditions précaires, dans un environnement insalubre, caractérisé notamment par une eau rare et chère, et dans des structures sociales souvent disloquées dont témoigne la "prolifération des enfants des rues et des orphelins sans abri".
C'est un fait majeur : la pauvreté en ville est devenue aussi importante que dans les campagnes, et le modèle urbain - qui suppose une amélioration du niveau de vie - semble ne plus fonctionner : c'est que "rares sont les villes des pays en développement qui créent suffisamment d'emplois pour répondre à la demande de leur population croissante".
Pourtant, constate le rapport, "lorsque les populations rurales migrent vers les villes, elles font un choix rationnel". En effet, explique Jacques Véron, chercheur à l'Institut national d'études démographique, "on pense toujours qu'on trouvera mieux en ville, sans compter que la division à chaque génération des parcelles cultivables dans les campagnes les rend trop petites pour qu'elles soient viables". Pour l'essayiste américain Mike Davis, si l'urbanisation continue malgré la misère en ville, l'explication est à chercher dans l'absence de soutien à l'agriculture : "Les politiques (...) imposées par le FMI et la Banque mondiale ont continué à entraîner l'exode du surplus de main-d'oeuvre rurale vers les bidonvilles urbains, alors même que les villes cessaient de fonctionner comme des machines à créer de l'emploi, écrit-il dans Le pire des mondes possibles (éd. La Découverte). Les villes ont tout simplement récolté les fruits de cette crise agraire mondiale."
