MENU

ZODIAC

  • Kitano
  • PoP

Une hésitation est venue avant de repartir pour me pousser à voir le nouveau film de David Fincher. Ce dernier bénéficie de la part d’un certain public d’une côte qu’il ne mérite pas à mon sens. Si SEVEN mettait les bases d’une nouvelle structure sur les serial killers, la suite de sa filmographie fut décevante (THE GAME, PANIC ROOM et FIGHT CLUB que je n’ai pas vu).

Poursuivant dans le genre des meurtriers en série, le film va durant les 2h36, suivre un journaliste dans son enquête. Mais pas de ces journalistes qui font l’Histoire, non, un qui n’a pas de pouvoir, pas de charisme, presque invisible. Le nôtre s’appelle Robert Graysmith et a la fonction de dessinateur au San Francisco Chronicle. Lors des réunions, il est toujours du genre transparent, on le surnomme même « l’attardé ». C’est pourtant lui qui va se mettre inlassablement durant des années sur ces affaires de meurtres.

Ce qui est d’emblée réussi c’est tout d’abord que ces meurtres constituent le contexte : on part d’une histoire vraie et malheureusement de jeunes tués par un psychopathe qui échappe à la police malgré les pistes qu’il sème au travers de messages codés de signes.

Le film de FINCHER va donc s’attacher à ce journaliste dont cette affaire va tourner à l’obsession mettant son couple en péril, son job et ses nerfs par des coups de téléphone plus que bizarres. Il n’y aura donc rien de spectaculaire, encore moins à la fin du film et d’une enquête qui aura duré plus de vingt ans. Il semble évident que la personne soupçonnée soit la bonne, mais les mécanismes de la justice et les failles de la police sont mis à jour.

Le scénario tiré des livres de Robert Graysmith va montrer les différents personnages, les différentes époques (fin des années 60 pour finir dans les années 70), les différents milieux (journalistes, police en particulier). L’interprétation est de qualité avec  Jake Gyllenhaal dans le rôle du journaliste et Mark Ruffalo dans celui de l’inspecteur. Chacun se donnant et donnant de leur temps face à une énigme qui n’en sera plus une.

 Il est question ici d’obsession faisant du temps une variable comme une autre. Le film est réussi, sa piètre affluence publique aux Etats-Unis en est un signe de plus. Délaissant le côté manipulateur et l’histoire formatée, David Fincher dépasse son sujet en s’appropriant un thème sans en faire subir les sempiternels meurtres mais en les ramenant à l’humain, en laissant dans l’ombre le meurtrier. En cela ZODIAC est son meilleur film, celui qui gardera un intérêt dans le temps.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
A bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog