Rediff (juin 2007) : Claude
-
Il y a une semaine le téléphone a sonné. Je m'attendais à une voix connue mais ce fut une voix plus âgée que
je connaissais : Yves. Je lui propose tout de suite de le rappeler, mais il me dit que ce n'est pas la peine et qu'il a une nouvelle a m'annoncé : 'Claude est mort. Il s'est
suicidé'.
Claude a été mon professeur de karaté pendant mes années de banlieue. Karaté et musculation. Au départ , nous étions une quinzaine à venir s'entraîner le mercredi et le samedi entre 12h et 14h. Et puis, au fur et à mesure des années, le groupe s'est réduit à un duo. Claude avait entrainé l'équipe de France de Karaté dans les années 70, je pense qu'ils ont été champion du monde. Je l'ai vu à 65 ans lors d'une séance de musculation exceptionnelle dans son émulation, soulever 110 Kg au développé couché. Il faut mentionner qu'il a un physique classique (1.70m pour 60kg).
Il s'était marié trois fois et avait divorcé trois fois, repartant chaque fois à zéro. S'il était un bon professeur de sport, il n'était pas bon gestionnaire. De sa retraite , il ne pouvait vivre, il a donc continué à enseigner et a ouvert une salle de musculation qui arrivait juste à être rentable. Son troisième divorce l'avait affecté. Trois femmes mais à chaque fois , elle s avaient 18 ans !
Il avait la santé ... et même des maîtresses !
Le corps mais aussi l'intelligence : il avait fait des études d'architecte (imaginez dans les années 50) pour faire plaisir à son père. Il eut 3 enfants dont un handicapé. Une vie plein d'anecdoctes. On parlait souvent d'intime. Il était comme cela Claude.
Je devais m'occuper de son club de karaté, entrer dans le Bureau mais un déménagement me fit quitter cette région. Je le revis lors de mes retours à Paris et avant mes départs de mes longs voyages. Il me dit un jour, après son divorce, qu'il avait voulu se suicider mais qu'il avait pensé à moi car il me devait de l'argent. Le psy ne put réussir à calmer sa peine. Il perdit même son procès contre sa femme qui était partie avec un autre et qui était maintenant enceinte.
Il y a deux ans, il avait pris sa retraite du club, fermé la salle de musculation et devait s'ennuyer en province. Sa santé devenait vacillante.
Sur Outlook, j'avais noté et souvent reporté depuis janvier le fait de l'appeler mais la vie fait que l'on reporte encore et encore. J'ai trouvé son nom sur Outlook le samedi de la semaine où il s'est donné la mort. J'aurais aimé qu'il m'appelle, une dernière fois. Mais il a préféré un choix radical pour éviter une déchéance inéluctable.
A la fin de l'entretien avec Yves, je lui ai simplement dit 'on reste en contact'.
Sûr que je vais le voir début juillet. On se souviendra de Claude avec le sourire. C'est comme cela qu'il aurait voulu que l'on parle de lui.
Claude a été mon professeur de karaté pendant mes années de banlieue. Karaté et musculation. Au départ , nous étions une quinzaine à venir s'entraîner le mercredi et le samedi entre 12h et 14h. Et puis, au fur et à mesure des années, le groupe s'est réduit à un duo. Claude avait entrainé l'équipe de France de Karaté dans les années 70, je pense qu'ils ont été champion du monde. Je l'ai vu à 65 ans lors d'une séance de musculation exceptionnelle dans son émulation, soulever 110 Kg au développé couché. Il faut mentionner qu'il a un physique classique (1.70m pour 60kg).
Il s'était marié trois fois et avait divorcé trois fois, repartant chaque fois à zéro. S'il était un bon professeur de sport, il n'était pas bon gestionnaire. De sa retraite , il ne pouvait vivre, il a donc continué à enseigner et a ouvert une salle de musculation qui arrivait juste à être rentable. Son troisième divorce l'avait affecté. Trois femmes mais à chaque fois , elle s avaient 18 ans !
Il avait la santé ... et même des maîtresses !
Le corps mais aussi l'intelligence : il avait fait des études d'architecte (imaginez dans les années 50) pour faire plaisir à son père. Il eut 3 enfants dont un handicapé. Une vie plein d'anecdoctes. On parlait souvent d'intime. Il était comme cela Claude.
Je devais m'occuper de son club de karaté, entrer dans le Bureau mais un déménagement me fit quitter cette région. Je le revis lors de mes retours à Paris et avant mes départs de mes longs voyages. Il me dit un jour, après son divorce, qu'il avait voulu se suicider mais qu'il avait pensé à moi car il me devait de l'argent. Le psy ne put réussir à calmer sa peine. Il perdit même son procès contre sa femme qui était partie avec un autre et qui était maintenant enceinte.
Il y a deux ans, il avait pris sa retraite du club, fermé la salle de musculation et devait s'ennuyer en province. Sa santé devenait vacillante.
Sur Outlook, j'avais noté et souvent reporté depuis janvier le fait de l'appeler mais la vie fait que l'on reporte encore et encore. J'ai trouvé son nom sur Outlook le samedi de la semaine où il s'est donné la mort. J'aurais aimé qu'il m'appelle, une dernière fois. Mais il a préféré un choix radical pour éviter une déchéance inéluctable.
A la fin de l'entretien avec Yves, je lui ai simplement dit 'on reste en contact'.
Sûr que je vais le voir début juillet. On se souviendra de Claude avec le sourire. C'est comme cela qu'il aurait voulu que l'on parle de lui.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
K
T
