édito 4 : Voyage, voyages (retro 2005)
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Dernier édito de France, aujourd’hui Paris et la semaine prochaine l’avion !
Et le gagnant du concours la 100e personne est finalement MAKINITOSH laissant - sans jamais lasser - des messages
surréalistes. C’est un plaisir de partager un repas avec lui, et de le regarder manger tellement son appétit de la vie est grand - comme lui d’ailleurs.
Lu pour vous, L’HORREUR ECONOMIQUE de Viviane Forestier : de la théorie mais sans théorie si ce n’est celle d’être un contre-feux vigoureux du libéralisme. Discussion d’une intellectuelle où l’on croise des mots comme acmé, forclusion et le verbe sourdre. Extrait : « Et puis, lorsque l’on a si bien assimilé ce qui fut aussi ressassé depuis la nuit des temps : que nous n’avons d’utilité que celle conférée par le travail, ou plutôt par l’emploi, par ce à quoi l’on nous emploie, comment admettre que le travail lui-même n’a plus d’utilité, ne sert plus à rien, pas même au profit des autres, qu’il n’est plus même digne d’être exploité ». J’allais oublier le côté alarmant et pessimiste de l’auteure.
Il m’est arrivé dans la semaine un fait étrange, à la LOST HIGHWAY.
Le téléphone fixe sonne (il est situé dans le meuble de la cuisine, au dessous du micro-ondes). Je ne réponds donc pas puisque personne n’a mon numéro (la ligne ne sert que pour internet). Le répondeur s’enclenche : « Bonjour, c’est Simone je vous appelle pour vous apprendre une bien triste nouvelle : Georges est mort » (« Dick Laurent is dead » dans le film de Lynch).
Je ne connais pas de Simone, si un Georges, mais la voix et le prénom ne correspondaient pas à un des membres de ma famille. En réécoutant le message, j’ai senti une voix triste, à la limite des pleurs, mais cette annonce devait faire suite à une longue maladie, une disparition attendue mais toujours pas souhaitée. Ensuite, m’est venue la pensée qu’en se trompant de numéro de téléphone, le destinataire prévu ne serait pas averti et que lui-même, voulant prendre des nouvelles de Georges, serait fort étonné d’apprendre sa disparition. Une vie s’est en allée, ne restera d’elle que des souvenirs, bons et moins réjouissants.
Pour conclure sur la série le temps, je citerai une fois de plus saint Augustin : Ce qui m’apparaît maintenant avec la clarté de l’évidence, c’est que ni l’avenir ni le passé n’existent. Ce n’est pas user de termes propres que de dire : « Il y a trois temps, le passé, le présent et l’avenir ». Peut-être dirait-on plus justement : « Il y a trois temps : le présent du passé, le présent du présent, le présent du futur. » Car ces trois sortes de temps existent dans notre esprit et je ne les vois pas ailleurs. Le présent passé c’est la mémoire ; le présent du présent, c’est l’intuition ; le présent de l’avenir, c’est l’attente
