TATOUFAUX
-
Le contenu de cet article est PROUVÉ
Et si la roue tournait ?
S’il est un sportif considéré comme injustement récompensé par la gloire, c’est bien notre Poupou national ; il en a même symbolisé la France, toujours placé, jamais gagnant malgré ses efforts.
Qu’en est-il exactement ? Les statistiques sont formelles : en dix-sept ans de professionnalisme, Poulidor a remporté 189 victoires, plus même qu’Anquetil, et certaines parmi les plus belles, mais seulement 33 places de second. Il n’y a pas photo : Poupou était un grand champion, un vrai.
Mais alors, d’où lui vient cette réputation ? Comme souvent, celle-ci est un cocktail de véracité relative, d’image populaire et de formules journalistiques. Poulidor a été trois fois second du Tour de France, derrière Anquetil, Gimondi et Merckx, trois générations de coureurs. Il n’en faut pas plus au talent des chroniqueurs et à la faculté de notre mémoire à la distorsion, pour fabriquer la légende de l’éternel deuxième.
S’il y a bien une injustice, elle est là, car Poupou n’est même pas le recordman des secondes places dans la Grande Boucle, position fermement tenue par Joop Zoetemelk avec... six « médailles d’argent » !
Rendons donc à Raymond ce qui est à Raymond : sa place au Panthéon des sportifs français. Un clin d’œil cependant : Poulidor n’est pas le cycliste français le plus titré ; Bernard Hinault le devance au nombre des victoires, reléguant Poupou à... la deuxième place !
