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BUG

  • Kitano
  • PoP

Pas si étrange que cela la langue, les langues, les traductions. Une logique apparaît pour une compréhension presque naturelle. BUG en anglais signifie d’abord une punaise, une bestiole nuisible. En français, on trouve dans la même prononciation le mot bogue utilisé lorsqu’il y a une erreur dans un programme. En anglais le mot bug, peut aussi s’écrire bogue pour mentionner un mauvais fonctionnement. Une bogue en français, c’est aussi l’enveloppe piquante de la châtaigne ; un bogue c’est un poisson.

Un mot, différentes significations. Comme le mot schizophrène d’où découle différentes paranoïas. Dans notre histoire, elle serait du  type paranoïde (où les hallucinations et/ou le délire plus ou moins mal structuré prédominent). Dans un motel, dans un désert environnant, aux Etats-Unis, Agnès, serveuse dans un bar gay va trouver en Peter, un peu de réconfort mais surtout beaucoup de problèmes sachant que ce dernier s’est échappé d’un hôpital militaire et croit qu’il est infesté de l’intérieur par des insectes.

Le film va nous montrer la montée dans la schizophrénie d’un couple, dont la paranoïa se concentre sur ses insectes qu’ils croient voir, issus d’un complot militaire qui n’aurait pas hésité à faire des expériences. Si d’emblée, on trouve étrange Peter, c’est le rôle d’Agnès qui va être intéressant. Tout d’abord par l’interprétation d’Ashley Jude, qui rend bien les failles de cette femme dont l’enfant a été enlevé 9 ans plus tôt et jamais retrouvé, dont l’ex-copain vient de sortir de prison, dont la copine est une homosexuelle et avec qui elle se drogue, dans un état paumé des Etats-Unis. Tous les ingrédients sont là pour une voie sans issue. ‘THE AIR IS ON FIRE’ est le titre de l’exposition de David Lynch, dans notre cas, l’expression sera à prendre au premier degré, au premier ou au millième degré.

La fin qui se prépare, poursuit un crescendo, comme une personne qui serait embrigadée dans une secte, dans un contexte d’une société surveillée, avec des vérités cachées. Le parallèle avec la société américaine (et française en ces temps d’élections françaises) d’une peur physique mais aussi mentale, découlant des idées infusées est alors prenante. Dès qu’une personne frappe à la porte, le bruit d’un hélicoptère (même si celui-ci semble être la création des personnages) peut alors être un danger dont on ne peut se protéger qu’en restant cloîtrée. Même si en fin de compte, cela n’est pas suffisant, car le mal est intérieur, à l’intérieur, sous la peau, dans le cerveau.

Wiliam Friedkin livre un film d’épouvante mais pas épouvantable, car sans user d’artifices, il montre que le monstre peut être en nous.

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