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Contre la holding, les grandes voix de Radio France appellent à sauver “vos radios”

Alors que le projet de holding de l’audiovisuel public est étudié à l’Assemblée nationale, ce lundi, les salariés de la Maison ronde se mobilisent à travers une série de vidéos sur les réseaux sociaux.

La grève a commencé à Radio France dès le 26 juin.
La grève a commencé à Radio France dès le 26 juin. JEAN-MARC BARRERE / Hans Lucas via AFP

Par Marion Mayer, Emma Defaud

Sur le compte Instagram « Intersyndicalrf », les journalistes anonymes comme les grandes voix des radios du service public se mettent à l’écran pour inciter leurs auditeurs à apporter leur soutien contre le projet de holding défendu par Rachida Dati. Sonia Kronlund, des Pieds sur Terre, Corinne Audouin ou Lionel Thompson, de France Inter, Marie Richeux, du Book Club de France Culture, Julie Gacon, de Cultures Monde… tout comme d’autres journalistes de renom et de moins connus des locales d’Ici, anciennement France Bleu, prennent la parole et rappellent pourquoi ils se battent contre ce projet. « Je suis très inquiet », dit l’un, « venez nous soutenir », demande l’autre. « Cette loi va affaiblir, et même casser l’audiovisuel public », assure un troisième. Tous appellent à les rejoindre pour la manifestation de ce lundi à 14 heures du ministère de la Culture à l’Assemblée nationale, « si vous ne voulez pas un retour de l’ORTF », assure encore une journaliste. Ils incitent aussi à poster des messages sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse : #sauvonslaudiovisuelpublic.

La semaine dernière, les représentants du personnel ont exposé les raisons les poussant à appeler à la grève illimitée dès jeudi 26 juin, avant la mobilisation conjointe avec France Télévisions et l’INA, ce lundi, contre le projet de holding de l’audiovisuel public, qui doit alors être examiné par les députés.

En préalable, étaient visées les décisions prises ces derniers mois par la direction de la radio publique, qui s’est par ailleurs par le passé dite opposée au projet de loi de Rachida Dati. À commencer par l’arrêt du Mouv’ sur la bande FM, que Renaud Dalmar (CFDT) qualifie de « plan social déguisé ». « Derrière, la question évidente, c’est : à qui le tour ? » s’inquiète Benoît Gaspard (Sud). Autres sujets : la grille de la rentrée prévue pour le réseau des locales d’Ici, dont les équipes déplorent des choix trop tournés vers les contenus nationaux au détriment des locaux. Ou encore la pression mise sur les métiers d’expertise (réalisateurs, techniciens, preneurs de son…), appelés à devenir plus polyvalents, une source de « difficultés sociopsychologiques », pointe Renaud Dalmar. De la même façon, les animatrices de Fip devraient par exemple, dès la rentrée, se retrouver seules en studio, sans technicien.

Mais ce qui occupe la majorité des revendications des élus concerne finalement bien le projet de holding et ses conséquences. Le projet de loi prévoit que Radio France devienne une filiale d’un grand ensemble, au même titre que France.tv, l’INA… mais aussi Franceinfo et Ici, chacune regroupant en son sein les activités radio, télé et Web. Le tout serait soumis à un seul budget et un seul pdg, et même un seul directeur de l’information, si l’on en croit le rapport de l’ex-patronne d’Inter Laurence Bloch (vivement décriée tout au long de la conférence de presse), sur lequel s’appuie Rachida Dati.

Comment piloter douze mille salariés au total ? « On est obligé de faire des hypothèses », explique Renaud Dalmar, qui dit craindre un plan social de grande ampleur, dans lequel les métiers de la radio seraient les premiers touchés – Radio France pesant moins lourd que France Télévisions. Au-delà des effectifs, c’est bien les risques qui pèseraient sur la ligne éditoriale qui inquiètent les syndicats, dans l’éventualité où un parti d’extrême droite au pouvoir serait en capacité de nommer les dirigeants de la holding. Une inquiétude d’autant plus grande que l’avenir du projet de loi semble justement entre les mains des députés RN.

Remobiliser les troupes à la veille des congés d’été, ainsi que l’opinion et les députés avant le vote de la loi : tel était l’objectif de cette communication des élus, suivie d’une assemblée générale des personnels, où l’on a pu apercevoir les producteurs Charline Vanhoenacker et Mathieu Vidard (La Terre au carré). « Nous serons plus d’une quarantaine en grève », a annoncé fièrement une musicienne de l’Orchestre philharmonique de Radio France, chaudement applaudie ; l’avenir des formations musicales de l’entreprise publique reste très flou, dans le cas où le projet de holding serait adopté.

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