BALI 7 : les tortues

  • Kitano
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J’aime bien les tortues. Cela vient de quand j’étais petit.

J’allais à l’éveil musical et il y avait une chanson sur les tortues.

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« Jamais on n’a vu, jamais on ne verra, la famille tortue courir après les rats ». Ensuite, Cécile, l’animatrice remplaçait le mot ‘tortue’ par une onomatopée qui faisait crr crr et pour moi depuis, une tortue c’est une crr crr.

Il y avait deux chansons qui me faisaient pleurer : l’une c’était sur un chat et l’autre sur un hippopotame. C’était comme cela. Même lorsque l’on me préparait, je sentais les sanglots monter, monter et ne plus pouvoir me retenir. Il paraît que je serais du style enfant sensible.

Depuis, Papa m’a montré en vidéo la chanson de la tortue mais je préfère le clip de Psy. C’est vraiment une vidéo pour les enfants. Il essaye de me montrer des clips de New Order, Bauhaus, The Mission mais je n’accroche pas, c’est trop triste pour moi.

Aujourd’hui, nous avons pris la Pantai Kuta pour la remonter. Puis, nous sommes entrés dans la plage où nous avons pris une allée. Et là, il y avait une statue d’une tortue géante d’au moins trois mètres de haut sur six de long. Cette tortue abrite des œufs de tortue qui vont éclore. Les bébés tortues seront recueillis pour attendre qu’ils soient assez grands pour être relâchés dans la mer. Tous les deux jours il y a un lâcher de tortues. J’ai lu que sur 1 000 tortues relâchées, une seule survivrait.

Papa m’a raconté que lors de son premier voyage, il a mangé de la tortue dans un restaurant. C’était au début des années 90, il ne savait pas qu’il participait à l’extinction de cette espèce ici. A Kuta, il a donc ce centre qui essaye de réintroduire les tortues. 2012a été une année exceptionnelle quant aux œufs mis en terre : plus de 20 000. Dans une île Gili, ils participent aussi à cette opération. Papa me dit que lors d’un snorkling, il a vu une tortue.

Pour avoir des fonds, ils vendent des t-shirts (chers,155 000 roupies), organisent des courses (200 000 roupies pour les enfants qui veulent s’inscrire et avoir leur tortue pour la course). Aujourd’hui, 50 tortues seront relâchées.

Cela m’a fait drôle de voir dans deux grandes bassines des dizaines de petites tortues. A côté, il y avait deux seaux avec une dizaine de tortues, peut-être prête à aller dans leur environnement naturel.

Si vous voulez en voir, il faut être au centre des tortues vers 16h45, la course dure environ dix minutes.

En allant sur le chemin des tortues, on a recroisé le couple de personnes âgées que l’on avait vu au restaurant. Ils discutaient à leur tour une personne qui était en fauteuil roulant.

Depuis que l’on est parti, on n’a pas des nouvelles de France. Sauf les échos d’émeutes en juillet, d’un accident de car en Italie et d’un train qui a déraillé en Espagne. Papa qui se tient en France constamment à l’écoute des informations économiques et sociales fait une pause. Même les mails de la Revue Fiduciaire et de l’Insee, il les supprime.

Voici une de mes aventures. Juste avant que nous partions pour la plage, Maman me prépare mon biberon. Je suis sur lit, allongé. Je bouge et mon pied fait tomber le biberon, juste à côté des affaires de Papa. Rien de touché. Mais ce que maman ne savait pas, c’est que le mélange d’eau et de poudre allait toucher les livres et coller les pages !

J’aime bien que l’on me lise des histoires. Papa me raconte l’histoire de Chi en m’en faisant un résumé qui n’arrive jamais jusqu’à la fin. Grâce à Chi, je sais ce qui signifie gratter.

Pour notre marchand de maïs, c’est une bonne saison, chaque jour ou presque, son stock de maïs est dévalisé. Aujourd’hui, il y avait un policier en face qui faisait la circulation mais Asli nous dit que c’est un ‘good police’. Il nous garde toujours un ou deux maïs, s’excusant de nous faire attendre et ne voulant pas que nous repartions sans un maïs. Il est toujours aidé par une, deux ou trois personnes qui enlève l’enveloppe du maïs, mettent la sauce ou donnent le maïs dans les sachets. En moins de deux heures de temps, il a fait son chiffre. Le souci, c’est s’il tombe malade, c’est la police (car il n’a pas le droit de vendre) et surtout, bientôt, la fin de la construction de l’hôte, à côté du supermarché. Cela sera de plus en plus contrôlé comme à Beach Walk, de peur d’un attentat.

Papa a peu acheté de cartes postales cette année. Il a décidé d’envoyer une photo de moi qu’il fera développer dans quelques jours. Depuis le début de ses pérégrinations en Indonésie et surtout à Bali, il a fait le tour des cartes postales, surtout celles de Kuta.

Dès que l’on revoit Fred, il prendra le numéro de téléphone d’un taxi qu’il louera pour la journée pour découvrir en une journée certains endroits à voir. On pourrait le faire en moto mais cela est trop dangereux et je ne pense pas pouvoir rester plus de dix minutes sur un scooter.

Le taux de l’euro ne cesse de chuter. On l’a vu à 12 700. C’est un jour férié pour les musulmans. C’est le garçon qui parle français du masakan qui lui dira. Il a sur la tête la toque ( ?) traditionnelle. Il dit que demain il sera ouvert, Papa lui dit à bientôt et lui répond sûrement.

La journée va se terminer pour mes parents par un jus de fruits. De la mangue, classique, pour Papa et un Tamarilo pour Maman. Sans sucre. Cela enlève le côté doux de la mixture mais laisse le vrai goût aux fruits sans l’alourdir de sucre.

C’est comme pour voyager : il faut partir léger mais ne rien oublier d’essentiel. Lorsqu’il a commencé à voyager, Papa n’avait que le sac que l’on garde en cabine composé pour un tiers de la trousse à pharmacie, un tiers pour les soins corporels et le dernier des vêtements avec les livres sur le côté du sac.

Depuis, il a troqué sac à dos pour valise, et s’il est parti avec un total de 30 kilos en deux sacs, il ne reviendra qu’avec une valise de plus de vingt kilos, dont un et demi pour le micro-ordinateur.

La prochaine fois, il partira avec un note book ou une tablette.

Mais la prochaine fois, ce n’est pas avant deux ans et d’ici là, je serai grand, j’aurais encore appris et je saurais m’exprimer avec des mots. Le langage, la connaissance, la culture c’est aussi un autre voyage mais l’essentiel pour avancer c’est encore le contact avec les gens.

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