BALI 7 : le malaise

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Quelle journée !

On se lève plus tôt que d’habitude et cela va permettre d’aller faire un tour dans la rue Ajurna, rue des sarongs.

Le thé reste encore d’une couleur pâle. Il ne faut pas oublier de leur préciser d’avoir un grand verre sous peine d’avoir la contenance d’une tasse de café. Papa a testé le café. Il y avait du marc dans sa tasse. Il existe plusieurs qualités de café dont une hors de prix. Même pour vous ! C’est du café qui est mangé par des bêtes, mammifères style petite bête des bois, rongeurs. Sur un autre paquet, il y a l’image d’un ours. Ces animaux doivent manger les graines de café qui sont ensuite récupérer pour en faire du café. Le prix au kilo avoisine les cent euros.

Nous voici partis le long de la Pantai Kuta en prenant ensuite les allées qui longent les beaux et luxueux hôtels avec piscine qui ont une vue sur la mer. La clientèle est plutôt âgée et dans un hôtel, il y a même une surveillance vidéo.

Nous dépassons le niveau de l’ex- double six (66), la discothèque où Papa a fait tant de soirées, de belles soirées et de beaux levers de soleil. Mais cela c’est le passé. Cette discothèque a fermé, à la place un hôtel. A côté, ils construire du grand, du spacieux et du haut. S’il n’y avait que ce bâtiment cela irait mais derrière, il y en a trois en construction !

Après une longue balade, nous prenons à droite pour tomber sur la Legian et bientôt voir le supermarché Bintang. On va faire quelques courses, surtout des fruits. A ce Bintang, on trouve des produits français comme le yaourt, le camembert et autres charcuterie. Auparavant, il y avait un rayon presse internationale, aujourd’hui remplacé par des souvenirs.

Nous arrivons, en tournant à droite sur l’Ajurna. Et là, c’est la désolation ! Sur le côté gauche, un tiers de la rue a ses boutiques fermées, définitivement closes. Un tsunami n’aurait pas fait mieux.

Le côté droit est épargné et il reste toujours les boutiques de sarongs. Auparavant, le prix était de 15 000 roupies pour monter à 25 000 en 2009. On n’en a tellement à la maison qu’ils servent de nappes ! Il faut dire que leurs modèles n’ont pas changé en dix ans !

Le masakan du bout de la rue est toujours présent mais il est trop tôt pour prendre le repas. Retour à l’hôtel. Il est déjà midi et on se dirige vers Patimura, vers un masakan muslim, à côté de celui où l’on a mangé, il y a quelques jours. Il va falloir leur demander si c’est pimenté ou pas pour moi.

Le garçon qui s’occupe de nous est très serviable. Il apostrophait Papa lorsque nous passions dans la rue. Il a un côté maniéré et connaît quelques mots de français. Il y a souvent, un vieil homme blanc avec des formes ; mais ce n’est pas le patron.

On fait goûter à Papa des plats pour savoir si cela me convient. Il y aura peu de mets : des pommes de terres et deux types de légumes dont l’un ressemble à des brocolis mais avec un goût amer. J’ai tout de même droit à du poulet.

Ensuite, alors que Papa commande pour lui, j’entends Maman dire « je ne peux plus tenir Gabriel, il faut que je m’assieds ».

Elle prend alors un sachet de sucre et boit mais cela ne va pas s’améliorer. Elle dit « je sens que je vais m’évanouir ».

Papa vient alors me chercher pour m’approcher de lui pendant qu’il soulève Maman avec l’aide d’un des garçons.

Le jeune homme serviable nous dit qu’il y un sofa à l’intérieur.

Une dame vient me prendre. On allonge Maman qui a sa bouteille d’eau dans la main. Elle va se reposer pendant que Papa finit de choisir son plat.

Il va commencer à me faire manger après avoir vu Maman une nouvelle fois. Il lui faut du repos. Trop de marche, trop de soleil, pas assez de nourriture la veille. Le garçon nous a apporté gentiment deux sièges pour rester à côté d’elle.

Je commence à manger lorsque Maman revient, Papa va lui prendre son repas à savoir du thon. Euh, en fait une tête de thon et des légumes, à savoir des aubergines et des brocolis amers.

L’autre surprise dans ce masakan viendra de l’addition : 27 000 roupies pour nous trois avec un thé. Après le record du restaurant japonais, le record vers le bas.

L’inconvénient de cette cuisine, c’est qu’il y a peu de choix, que cela est pimenté mais l’accueil restera le plus chaleureux du séjour.

Retour à la chambre pour une sieste bien méritée.

Surtout que le soir, on a encore de la route car c’est le dernier soir de notre marchand de noix de coco qui n’en a d’ailleurs plus depuis hier. On a un jus, mélange de plusieurs fruits. Je vais voir l’oiseau en cage qui s’envole lorsque l’on claque des doigts mais surtout je vois trois lézards que je nomme « rra ». J’ai entendu le mot lézard mais je ne sais pas encore le dire. J’ai un frein en-dessous de la langue qui est court, trop pour me faire tirer la langue et qui entraînera peut être un défaut de prononciation. Peut-être pas mais l’opération est repoussée car cela peut s’arranger selon la pédiatre.

Je joue encore une fois avec la femme de Bapak qui me fait rire ! On dirait ma grand-mère maternelle. Papa discute avec le fils qu’il avait croisé il y a deux ans. Il a dû se marier. Ses parents partent pour deux mois dans leur village à Surabaya. Comme ils sont musulmans, c’est leur fête de Noël à ce qu’il me dit.

Il est temps de se quitter. Nous partons avec un sac de fruits pour moi. Papa leur donne rendez-vous pour l’été 2015 … un dernier signe à Bapak et nous voici dans la rue Patimura pour acheter une crêpe et des jus de fruits.

Papa ne va pas se faire comprendre de la dame des crêpes qui va comprendre une crêpe aux noix de cajou et chocolat. Donc, lorsque Papa lui tend un billet de 5 000 son visage change d’expression. Cela va mieux lorsqu’il rajoute 2 000 et puis 1 000. Cela ira mieux avec le marchand de jus de fruits.

Il commence à se faire tard et je tombe de sommeil. On a bien marché, rencontré des gens et j’ai bien mangé des fruits chez notre marchand de noix de coco. Là-bas, j’en mangeais mais dans notre bungalow ! Un peu comme Papa qui va arrêter de goûter à de la noix de coco.

Je me suis bien acclimaté à ce rythme, à ce style de vie, à cette nourriture. J’ai encore tant de choses à découvrir. Mais cela sera d’autres histoires dans les jours à venir.

Ce que je sais, c’est que j’ai toujours faim de vie.

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