BALI 7 : forever young

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Ce matin peu de monde au début dans la cuisine du Komala. Moi, j’ai droit à mon biberon et à de la brioche. J’ai même eu la plus chère avec celle aux noix de cajou. En attendant de la confiture. Car après la collation du matin, on va faire les courses au Supernova et essayer d’échanger un paquet de couches taille M en XL. Papa n’avait pas pris garde lorsqu’il a pris les deux paquets.

Le trajet paraît plus court à Maman. A 10h30, nous sommes à l’entrée du supermarché pour acheter une recharge de téléphone à Maman. L boutique où Papa a acheté la carte Sim est en rupture de stock ! On va donc à l’intérieur du supermarché pour en acheter une électroniquement, c’est-à-dire sans support physique. Il faut payer 52 000 pour une recharge de 50 000. Il n’y a qu’avec les recharges de 100 000 que le prix payé est le prix nominal de la recharge.

Avec l’astuce de Fred qui consiste à faire le 0101733 plus le numéro de téléphone sans le zéro, appeler en France reste compétitif. Pour un euro, quatre minutes de communication.

Pour le remboursement, l’accueil nous dirige vers une caisse où la personne nous dit que cela n’est pas possible car la facture date du mois de juillet (le dernier jour) et qu’ils ne font l’échange que pendant un jour pour une raison de code. Il est vrai que nous ne sommes pas en France !

Tant pis ! C’est me notre marchand de maïs qui va hériter de ces couches trop petites pour moi et justes même en XL.

C’est comme le t-shirt de Papa. Il a pris une taille XL qui lui est juste. Il y avait peu de choix dans le magasin mais les prix étaient affichés, ce qui limite la négociation pour des t-shirts qui peuvent se vendre sur les marchés à deux fois le prix demandés ici.

Il y a un t-shirt vraiment pas cher mais vraiment fin. On pourrait presque croire qu’il est transparent. Sûr qu’après deux ou trois lessives, on ne peut le mettre autrement que pour faire du jardinage.

Le t-shirt acheté aura les lettres de Bali avec une figure de masque.

Cela sera celui que portera Papa pour son retour en France car il aura alors donné tous ceux amenés ici. Il vaut mieux que ceux-ci aient une deuxième vie ici qu’être dans un placard pendant des mois.

Avant son précédent voyage à Bali, Papa avait trois rangées de t-shirts qu’il nommait liste B. Vêtement à mettre à la maison, pour son jogging d’alors mais pas au travail. Aujourd’hui, après trois voyages, il n’y a plus qu’une pile.

Maintenant, je vais avoir de la confiture à l’ananas au petit déjeuner. Papa prend le pot en plastique, moins lourd à porter. La confiture de fraises a une couleur rouge flashy, une autre avec des fruits se présentant comme un mélange, vert flashy. Je ne sais si les 50% minimum de fruits sont respectés.

Sur le chemin retour, pas de change car l’euro vient encore de chuter, cette fois, le taux est de 13 050 roupies pour un euro. 5% de baisse en deux jours. Peut-être que les jours fériés ou une fête particulière se succèdent. Papa a encore de quoi tenir ; rien qu’en petite monnaie il a accumulé presque un demi-million de roupies !

Vient l’heure de manger. Nous allons au Bamboo corner, qui a été récompensé lors de ces deux dernières années par un site internet car il a eu 75% au moins d’opinions favorables. Papa le connaît bien ce restaurant aux petits prix et à la cuisine variés.

Ce qu’il avait oublié, c’est que le poisson entier est petit et qu’il est frit. En fait, mes parents voulaient du crabe mais il n’y en avait pas ! La série continue après le Komala 1.

Durant le repas, vont venir s’installer dans la table d’en face, trois personnes. Un couple de personnes âgées dont le mari est dans un fauteuil roulant et un homme beaucoup plus jeune. Papa connaît le couple. Un matin, alors qu’il était sur la Pantai Kuta, la dame lui a demandé son aide pour pousser le fauteuil sur le trottoir. Ce n’est vraiment pas facile ici en poussette alors en fauteuil roulant, je n’ose même pas imaginer. A Beach Walk, pour accéder à la galerie marchande, ils ont pensé à un accès pour handicapés.

Comme les plats tardent, je vais et je viens dans le restaurant mais sans dépasser le seuil de la porte qui donne sur une petite terrasse qui donne ensuite sur la Poppies 2. Une bande de garçons français viendront (dont un avec un chapeau qu’il n’enlèvera pas), une mère asiatique (type coréen ?) avec ses deux filles qui toutes les trois pendant le repas seront en train de regarder ou taper avec leur téléphone.

Le contact se fera facilement avec le couple âgé. La femme a des cheveux blancs, elle semble avoir au moins 70 ans, son mari sur le fauteuil semble avoir eu un AVC. Je vais aller vers eux pour leur taper un Give me five. La dame est contente, son mari aussi. Il essaye mais visiblement il a du mal avec son bras. Lorsque je lui tends la main, il arrive à tendre la sienne et je peux toucher son doigt. Il est encore plus content et met son pouce à sa bouche pour m’envoyer un bisou.

Au moment de partir, la dame parlera à Papa et dira de moi ‘darling’, Papa ne lui dira pas que je suis un garçon. Je les vois quitter le restaurant, je leur envoie un au-revoir qu’ils ne verront pas.

En voyant ce couple de personnes âgées, je me disais qu’ils avaient encore l’énergie de partir dans un environnement peu favorable aux personnes handicapées. Leur repas a été simple car leurs plats devaient suffire à leur peu d’appétit.

Bali, Kuta est une ville de jeunes, pour jeunes. Enfin, presque. On voit plus facilement des personnes âgées en allant du côté de l’aéroport ou du côté de la Legian, version plage.

Peut-être qu’un jour, cela sera moi qui pousserait mon Papa sur un fauteuil. Cela vaudrait mieux qu’il ne soit pas en fauteuil, mais cela serait mieux que s’il n’était plus de cette terre pour affronter les vagues.

Kuta change, les voyages de Papa aussi. Il est allé à Lhassa au Tibet avec deux t-shirt sur lui à plus de 5 000 mètres d’altitude, il a fait de la moto avec Fred à travers les bois dans un chemin considéré comme ‘impraticable’, vers le camp du Kawa Ijen, par le guide Lonely Planet à tel point que lorsque Fred dira cela à un voyageur il ne le croira pas ! « Va lire sur Lastdays », lui répondra-t-il !

Il a fait tant de voyages qu’aujourd’hui avec moi, c’est un autre style, encore plus calme mais aussi statique que le précédent. Une autre page se tourne. Il me restera les vidéos pour savoir que j’étais heureux à Bali et les souvenirs de parents pour me dire et redire que dans la rue, j’étais souvent interpellé par des ‘handsome », ‘cute’.

Il faudra qu’il m’apprenne encore comment me débrouiller pour qu’un jour je parte aussi. Mais, le bout du monde pour moi, c’est la plage et lorsque je sors de la baignade, je demande « aigne », un maïs. Ma vie est faite de simplicité.

J’ai encore le temps de voyager. Papa me dit que mon premier voyage, c’était lorsque j’avais 4 mois. J’ai pris pour la première fois le Tgv, le métro. L’expérience fut positive, sauf la nuit, pour Maman qui dut m’endormir vers une heure du matin, dans le couloir de l’hôtel.

Peut-être avait-il exagéré ce coup-ci en voulant m’emmener à l’enregistrement du Masque et la Plume. C’est à cette occasion là que j’ai croisé dans l’ascenseur la critique de cinéma Daniel Heymann. Mais, à l’époque, j’étais petit. Je pourrais assister à une émission de radio lorsque j’aurais trois ans, c’est l’âge minimum, à cause du volume sonore.

Mais retournons à Bali. Nous sommes rentrés de la plage, après la douche. On frappe à la porte. Papa ne peut pas y aller parce qu’il est tout nu ! Cela frappe encore. Maman y va …

A suivre …

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