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  • Kitano
La rosée est du matin

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Un soir, rosée arrosa Rosa !

La rosée apparaît le matin, c’est si évident qu’on n’emploie presque plus le mot « rosée » sans le compléter de deux mots formant l’expression toute faite : la « rosée du matin ». Qui n’a pas marché dans l’herbe dans les aubes automnales, s’enivrant du chant des oiseaux qui s’éveillent et faisant fuir les lapins sous ses pas, pour aller ensuite s’aliter avec un bon rhume dû, précisément, à cette rosée « du matin » dont ses pantoufles ont été détrempées ? Pas vous ? Nous sommes devant un exemple de construction du langage par l’expérience sensible et non par l’analyse de fond. Les circonstances de la vie font qu’on se mouille les pieds le matin quand on sort, et que l’esprit humain friand de raccourcis faciles, a construit inconsciemment ce raisonnement : si je me mouille de rosée le matin, c’est que la rosée est du matin.

 

La rosée se forme dès le soir, tous les curieux du ciel étoilé vous le diront, qui pestent dès la nuit tombée sur cette buée qui envahit les optiques de leurs instruments et contre laquelle ils déploient des trésors d’ingéniosité. Elle se dépose tout au long de la nuit. La raison ? Au secours, la science !!

 

La science montre que l’air contient toujours de l’humidité (de l’eau sous forme de vapeur), et que la quantité d’eau contenue dépend de la température de l’air : plus l’air est chaud, plus il peut contenir d’humidité. Or, le soir, chacun peut le constater, l’air se refroidit dès le coucher du soleil. Quand ce refroidissement atteint un niveau critique au-dessous duquel l’humidité ne peut plus conserver sa forme de vapeur, celle-ci se condense sur toutes les surfaces qu’elle rencontre : le sol, en premier lieu. C’est la rosée… du soir ! La température à laquelle l’humidité se condense est dite en science « température du point de rosée », ou « point de rosée » pour faire plus court. Quand en été l’air est très humide, le point de rosée peut être assez élevé, jusqu’à 15 degrés, alors que s’il est sec, ce point peut approcher du zéro l’hiver.

 

Quoi qu’il en soit, c’est bien le soir, quand la température baisse rapidement, que cette rosée commence à se former, et détrempe non seulement les optiques des astronomes amateurs, mais aussi leurs vêtements, leurs cartes du ciel et autres documents rendus mous, humide calvaire des nuits étoilées.

 

La rosée s’accumule et reste bien entendu en place, en gouttes tenaces accrochées aux brins d’herbe, tant que la température ne remonte pas ; c’est pourquoi notre promeneur matinal la retrouve aux premières heures du jour, croyant naïvement qu’elle vient de se former exprès pour lui. Erreur : s’il croise sur le gazon un astronome attardé finissant de ranger son matériel, ce dernier saura bien lui dire, lui, que la rosée est du soir !

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