Lettre d'insulte à la prof : les élèves de Jean-Lurçat se désolidarisent

  • Kitano
Les lycéens d’une terminale technologique du lycée parisien, qui voulaient changer de professeure d’anglais, ont été rappelés à l’ordre lundi par l’inspecteur d’académie suite à une lettre d'insulte reçue par l'enseignante.


JUSTINE LAFON

Devant l'entrée du lycée Jean-Lurçat (13e arrondissement de Paris), mardi martin.

Devant l'entrée du lycée Jean-Lurçat (13e arrondissement de Paris), mardi martin. (Liberation.fr)

 

Huit heures trente ce matin, des groupes s'entassent devant le lycée Jean-Lurçat, dans le 13e arrondissement de Paris. L'entrée est bloquée au motif d'une grève nationale contre la réforme des lycées, les élèves n'auront probablement pas cours. Si certains s'en réjouissent, les lycéens de la terminale 2 Sciences et technologies de la gestion sont plutôt lassés, et pour cause. Depuis jeudi, leurs professeurs ont débrayé pour manifester leur soutien à une collègue qui a une reçu une lettre d'insulte signée de la «TSTG2».

«S’il n’y a aucun effort de changement de votre part, nous n’avons plus que quelques mots à vous dire : allez vous faire enc.!», indiquait cette lettre, dans laquelle le ou les auteurs «conseillaient», par exemple, à l'enseignante de «cesser de faire des remarques à chaque fois que l’on a un téléphone entre les mains car cela est une perte de temps», et se justifiaient aussi d’avoir «volé» à leur professeure une clé USB.

Florie, élève de la TSTG2, est «choquée par le contenu de la lettre» et avance que c'est «très probablement le fait d'une seule personne». «Nous sommes tous révoltés, nous n'étions pas au courant», se défend la lycéenne qui craint qu'avec «cette histoire», «tous les profs deviennent méfiants». Autre inquiétude pour Jessica, sa camarade de classe: «J'ai peur que ça donne des idées à d'autres élèves

«Normal qu'on en soit arrivé là, cette lettre est grave et irrespectueuse»

Pas de risque pour l'instant, l'acte est mal perçu par les lycéens. Evoquant la «grève de solidarité» des professeurs, Maëlle, élève en première STG à Lurçat, estime «normal qu'on en soit arrivé là, cette lettre est grave et irrespectueuse». «C'est ridicule», ajoute Lou, lycéen dans la même classe. «C'est allé trop loin», selon Souad, lycéenne en terminale ES qui n'approuve ni les insultes, ni l'utilisation du téléphone portable en cours.

Pour Nicolas, première STG, l'argument du portable n'est qu'une excuse, il s'agit surtout «d'un problème de communication entre les élèves et la professeure». Florie de la TSTG2 le confirme: «On nous a lu la lettre, l'utilisation du portable en cours n'est qu'une remarque parmi d'autres, et d'ailleurs cette phrase est stupide car nous savons très bien que les téléphones sont interdits en cours

Après la passage de l'inspecteur d'académie lundi, les élèves de la TSTG2 ont écris une «lettre de désolidarisation» afin de mettre les choses au clair. Si la quasi totalité de la classe a bien été à l'initiative d'une pétition pour demander le remplacement de la professeure d'anglais, car ils n'étaient pas satisfaits de sa «méthode» d'enseignement, une lettre d'insulte n'a jamais été envisagée.

Effets collatéraux

Les élèves se sentent eux-mêmes victimes des effets collatéraux de la lettre : «Des cours se suppriment, c'est plutôt gênant avec le bac à la fin de l'année», explique Florie. «Ils disent que ce n'est pas une sanction, mais nous sommes privés de cours pendant une semaine», renchérit Jessica.

«Les professeurs ont mis en place une semaine particulière pour essayer de remettre les élèves au travail dans une dynamique positive», rectifie Philippe Fatras, inspecteur d'académie chargé du second degré à Paris. Et «nous continuons à rechercher les auteurs de ces actions», ajoute-t-il.

L'enseignante, appuyée par la proviseure et le corps enseignant, a porté plainte pour la lettre et pour le vol de la clé USB.

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K
<br /> Rire du soir !<br /> <br /> <br />
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T
<br /> encore la main de Thierry Henry ?<br /> <br /> <br />
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à bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog