COEURS

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Cela commence par un plan extérieur de Paris, sur le quartier de Bercy, sous la neige, pour arriver dans un appartement. Presque tous les ingrédients sont présents pour une trame qui donnera à sourire mais d’une triste manière finale. Des personnages qui, sans se croiser, entretiennent des relations interposées : Thierry cadre dans une agence immobilière fait visiter à Nicole un appartement pour elle et son fiancé (Dan joué par Lambert Wilson). Le couple se séparera tandis que ce dernier rencontrera la sœur de Thierry, Gaëlle, pendant que sa secrétaire Charlotte (Sabine Azema) fera la garde du père du barman du bar (Lionel) où se saoule le fiancé.

 

Les liaisons ne sont pas en soi importantes, les personnages vont dévoiler peu à peu leur situations ou plutôt leur solitude qui cache des blessures dont on ne pourra qu’avancer des hypothèses. Dans une mise en scène qui revendique le côté studio, Alain Resnais fait preuve d’inventivité et de maestria dans la mise en scène. On pourrait penser à du classique dans les décors qui délimitent le caractère social des personnages. La neige artificielle ne va pas cesser de tomber à l’extérieur, elle entre même dans les décors et sur les personnages, révélatrice de la température de la situation de leur cœur. Dans l’appartement de Thierry et Gaëlle comme dans le bureau entre Thierry et Charlotte, il y a un voile, une séparation : des rideaux dans le premier cas, une vitre dans le second.

 

Un cinéma, géométrique, qui finira gagner par cette solitude moderne : la sœur fait des rencontres par petites annonces sans rien trouver, Thierry dévoile ses sentiments en ne trouvant pas d’écho, Lionel n’embraye pas sur l’intérêt que semble lui porter Charlotte. Le poids des parents est présent dans ces couples. Couple du frère et de la sœur, couple entre le père et le fils, couple entre Dan et Nicole. Des échos multiples et tous différents, mais avec toujours une raison ou une autre pour imploser.

 

Il ne faudrait pas y voir un film froid, on sourit à quelques scènes notamment celles des cassettes (en retard technologique par rapport au dvd mais le support n’a que peu d’importance), à celles dans le bar de l’hôtel. Et puis, il y a Pierre Arditi qui fait basculer le film par son interprétation exceptionnelle en nous communiquant sa douleur, son secret et tout le non-dit. Le film entre alors dans un autre registre, celui de la scène finale de NELLY ET MONSIEUR ARNAUD ou du sentiment du personnage de Daniel Auteuil d’un CŒUR EN HIVER, toujours du même Claude Sautet.

 

Il y a le talent des comédiens car cela s’enchaîne avec André Dussolier et la nouvelle venue Isabelle Carré, si touchante. Sabine Azema a un personnage plus complexe tandis que Laura Morante, tient son rôle du début à la fin dans le registre des lamentations et des yeux en pleurs qui émeut moins.

 

Les dialogues de Jean-Michel Ribes sont sobres et on avance dans une histoire où à la fin, chacun se retrouve seul, où les secrets se dévoilent peu à peu dans l’ombre (le numéro de danse de Charlotte, la photo sur le meuble chez Pierre Arditi).

 

Fin sans concession. D’ailleurs le mot apparaît dans la dernière image sur un écran de télévision : révélateur d’un futur du cinéma qui pour Alain Resnais est déjà établi.
Il n’empêche que c’est le plus beau film français de l’année.

 

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K
Non, mais il y a aussi Claude (Sautet pas Lelouch) et André (Techiné) ... mais pas de TiTi .....
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T
comme quoi Alain c est bien les meilleurs!! donc  je m enpresser d aller voir le film  !! trops fort ce Alain      lol j ai les chevilles qui gonfle c est grave docteur 
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K
je n'ai pas mis, mais j'y ai pensé, l'âge d'Alain Resnais (je l'ai fait pour Woody Allen et clint Eastwood) est de 84 ans.
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T
...et j'irai aussi pour la neige ! tant mieux s'il tient ces promesses (affiche et distibution superbes !) euh ! sinon les prénoms ... il font pas un peu ...vieux ?
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à bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog