Critique extraite du MONDE (SCOOP)

  • Kitano
  • PoP

Pour ses 70 ans, Woody Allen avait abandonné Central Park pour Holland Park et transmuté, avec Match Point, une traversée de l'Atlantique en renaissance artistique. Scoop emprunte son titre au romancier Evelyn Waugh, ses décors et sa vedette féminine (Scarlett Johansson) à Match Point, mais cet habillage britannique ne suffit pas à dissimuler la réalité : le trente-cinquième long métrage de l'auteur de Prends l'oseille et tire-toi marque un retour - à la comédie, au music-hall new-yorkais et à l'humour juif tels que s pratique Allen Konigsberg depuis qu'il est devenu Woody Allen. Sur cette base qui mêle allégrement la comédie policière américaine des années 1930 et 1940 (la série "L'Introuvable", avec William Powell et Mirna Loy), au moins l'un des grands films de Hitchcock (Soupçons, et l'on voit bien que Hugh Jackman a pris des leçons d'ambiguïté auprès de Cary Grant) et un classique de la littérature (Une tragédie américaine, de Theodore Dreiser, qui avait également inspiré Match Point), Woody Allen se laisse aller avec paresse et plaisir à ses penchants. Il fait surgir des répliques d'anthologie ("Ma femme me disait que j'étais infantile ; j'aurais très bien su quoi lui répondre mais elle ne m'interrogeait jamais quand je levais le doigt"), use quelques gags jusqu'à la corde et fait subir à sa vedette féminine des épreuves d'un autre âge, comme si l'inventeur d'une des femmes les plus modernes de l'histoire du cinéma (Annie Hall) était retombé en enfance, au temps des ingénues hollywoodiennes.

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