D'après une enquête du Credoc, le coût individuel se monte, en moyenne, à 2.229 euros, en cumulant les détournements (argent, aides sociales, etc.), les démarches administratives et judiciaires, et autres coûts générés par cet imbroglio.


Chaque année en France, plus de 210.000 personnes sont victimes d'une usurpation d'identité. Elles sont même plus nombreuses que celles qui ont subi un cambriolage ou un vol de voiture. C’est la conclusion d’une enquête du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) révélée ce mardi.

Selon cette étude menée auprès d'un échantillon représentatif de la population française, 4,2% des personnes interrogées déclarent avoir été victimes d'une usurpation d'identité pendant les dix dernières années. «Cela représente plus de 210.00 cas avérés chaque année, un chiffre plus important que les cambriolages à domicile (150.000) et que les vols d'automobiles (130.000)», souligne l'enquête.

L'interrogatoire de 300 victimes démontre que «le coût individuel moyen d'une usurpation d'identité se monte à 2.229 euros» cumulant les détournements (argent, aides sociales, etc.), le montant des démarches administratives et judiciaires, et les coûts supplémentaires générés par cet imbroglio (médecin, frais postaux).

«Pouver qu'ils sont bien eux-mêmes»

Après le remboursement par les assurances, le montant moyen restant à la charge de la victime s’élève à 1.556 euros, bien que dans certains cas, l'histoire tourne au drame avec interdit bancaire, perte d'emploi voire emprisonnement.

Selon un calcul du Credoc, avec quelque 210.000 victimes, l'usurpation d'identité coûte 474 millions d'euros par an aux assureurs et aux particuliers, ces derniers ayant dû, pour un tiers d'entre eux, affronter l'épreuve de «prouver qu'ils sont bien eux-mêmes».

Près d'une victime sur deux est «incapable de savoir comment le fraudeur a réussi à obtenir ses données personnelles alors que 86% des victimes estiment faire le nécessaire pour se protéger des risque», s'inquiète le Credoc.

Le coût global du phénomène de l'usurpation d'identité pour la société «est beaucoup plus élevé» que les 474 millions d'euros précédemment évalués: il faut y ajouter 1,4 milliard de préjudice pour l'Unedic, 1 milliard pour la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) et 1 milliard pour la Caisse d'allocations familiales (Caf) soit un total de 3,874 milliards par an.

(Source AFP)

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