Ciné : THE WIND THAT SHAKES THE BARLEY

  • Kitano
  • PoP

1994, Grande-bretagne. Le film avait pour titre LAND AND FREEDOM : devant le cercueil de son grand-père, sa petite-fille va découvrir son combat dans la guerre d’Espagne. Un personnage se tient debout, le poing serré et le bras tendu. Scène inoubliable, symbole de ceux qui ne veulent pas abandonner leurs idéaux et qui savent transmettre la flamme.

1920, Irlande. Devant la brutalité et les meurtres perpétrés par les forces d’occupation anglaises, Damien un étudiant en médecine va basculer dans l’IRA (Armée républicaine indépendante) comme l’a fait précédemment son frère Teddy. Nous allons assister pendant les deux heures du film, à l’évolution de ce mouvement : des premiers vols d’armes aux tribunaux révolutionnaires jusqu’à la signature du traité de paix.

Ce qui marque d’abord, c’est le côté artisanal du mouvement, par exemple lors des entraînements. On voit le côté humain, le sens de l’action juste, on est au niveau des hommes, pas de héros mais des êtres qui luttent pour leur cause. Et puis, vite arrive le chemin de la politique : avancée, concession, soumission ou rébellion semble être l’issue qui va partager, scinder le groupe face à la demande d’allégeance à la couronne britannique. Certains militaires sont montrés avec leur caractère brutal mais d’autres avec leur côté humain et le sens du devoir de soldat (lors de l’interrogatoire).

Les uniformes irlandais vont donc remplacer ceux des anglais mais les méthodes appliquées restent les mêmes sauf que maintenant, c’est le peuple qui assassinent le peuple, les anciens amis deviennent les meilleurs ennemis et le frère doit tuer le frère. Et c’est cela qui est touchant. Chaque camp a ses raisons et toutes politiques. Le choix est donc à faire. Histoire de famille dans l’Histoire, ce sont les larmes qui sous-tendent le film. On a envie de dire d’arrêter, mais l’effet cliquet est lancé.

2006, France. Ken Loach obtient la palme d’or à Cannes. Son film reste classique mais pas son discours. Le poing n’est plus levé mais l’homme est toujours debout face à ses convictions et à ses conséquences. Il y a un calme à montrer le quotidien, l’ordinaire d’un combattant. Ken Loach nous avait habitué au souffle de la lutte, le sien maintenant est celui de la sérénité.

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