La prostitution virtuelle

  • Kitano
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Second Life promet aux internautes une "deuxième vie". Né aux Etats-Unis, il fait partie de la famille des "jeux de rôle multijoueurs en ligne". Avec 150 000 joueurs, Second Life est bien plus modeste que le leader World of Warcraft, un jeu de combat. Sa particularité est de laisser une grande liberté aux joueurs, sans leur assigner de but précis. Ceux-ci sont appelés à co-inventer ce deuxième monde. Grâce à un logiciel fourni par l'éditeur, chacun peut créer des objets en trois dimensions, de la maison au costume d'ange, en passant par le tracteur ou le lit-ascenseur. Et les vendre. Car dans Second Life, les joueurs sont libres d'inventer leur métier. Et certains ont choisi de se prostituer.

 

Qu'offrent des prostituées virtuelles ? Leur personnage en avise d'autres, eux clients. Ensemble, ils peuvent exécuter des actes sexuels, qui sont des petites animations scénarisées codées par d'autres joueurs, en vente dans le jeu. Mais surtout, ils s'entreprennent par claviers interposés, grâce un système de messagerie instantanée. Comme dans la vie réelle, l'argent est essentiel : une " passe " virtuelle coûte 500 à 1000 "dollars Linden"  la demie-heure, suivant la qualité du prestataire. Cette monnaie virtuelle créée par l'éditeur du jeu est convertible en dollars réels. Mais pour l'instant, les gains des prostituées virtuelles sont trop faibles pour faire un vrai complément de revenu dans la vie réelle, explique Khannea Suntzu. Cette "escort" dotée de cinq étoiles sur Sl-escorts a gagné autour de 10 000 dollars Linden, soit environ 35 dollars américains,par semaine. Pour Khannea Suntzu, être une " escort " dans Second Life est surtout " un moyen d'explorer ses fantasmes " et " le côté le plus osé " de sa sexualité.

UN JEU DE RÔLE PEUT-IL ETRE ILLÉGAL ?

Linden Lab est au courant de la prostitution virtuelle dans son jeu. Interrogé, l'éditeur affirme simplement que " beaucoup de personnes ont des activités très différentes dans Second Life"  qui est un "environnement ludique pour joueurs de plus de 18 ans". Par rapport à ses concurrents, Second Life fait plutôt figure de jeu d'intellectuels. Son éditeur se félicite que le célèbre juriste et professeur Lawrence Lessig ait organisé dans son jeu une conférence et aimerait mettre en place des "universités virtuelles", voire un gouvernement. Fin mars, Linden Lab a levé 11 millions de dollars au près d'investisseurs privés, dont Jeff Bezos, le PDG d'Amazon.

Pour Linden Lab, la prostitution virtuelle pose une question : que se passe-t-il quand des joueurs se tournent vers des activités illégales dans la vie réelle ? Mi-avril, le journal en ligne américain CNet a soulevé la polémique créée par la " pédophilie virtuelle " dans Second Life. Un jeu de rôle sexuel dans lequel deux joueurs adultes consentants se font passer pour un enfant et un adulte est-il illégal ? Avec les lobbies prônant la moralisation d'Internet et des jeux vidéo aux Etats-Unis, l'avenir des pratiques sexuelles libres dans Second Life pourrait ne pas être si rose.

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