Moins 0,5%. C'est la baisse moyenne que devraient subir les salaires réels dans les pays industrialisés l'année prochaine, révèle une étude du Bureau international du travail.

En 2008, ils auront en moyenne progressé de 0,8%.


En raison de la crise, "à l'échelle mondiale, les salaires réels moyens augmenteront l'année prochaine au maximum de 1,1%" (contre 1,7% en 2008), selon le Rapport mondial du BIT sur les salaires, qui se base sur les dernières prévisions du FMI pour 2009. Cette évolution encore positive sera possible "grâce aux pays émergents dont l'économie subira un ralentissement mais continuera à croître", a expliqué Manuela Tomei, responsable du Programme des conditions de travail et d'emploi de l'organisation.


"Pour les 1,5 milliard de salariés dans le monde, des temps difficiles sont à venir", a commenté le directeur général du BIT Juan Somavia. "Les bas salaires et les ménages les plus pauvres seront les plus touchés tandis que les classes moyennes seront également sérieusement affectées, a-t-il prédit. Le BIT recommande d'augmenter les salaires minimums pour combattre la récession économique. "Dans le contexte actuel, il faut protéger le pouvoir d'achat et stimuler ainsi la consommation", argumente le BIT qui estime que les mesures de relance monétaires et budgétaires ne suffiront pas.


 

"Le niveau du salaire minimum devrait être ajusté autant que possible afin de protéger le pouvoir d'achat des travailleurs les plus vulnérables", selon l'étude. "Le salaire minimum et la négociation salariale doivent être complétés par une intervention publique, à travers, par exemple, des mesures de soutien au revenu", recommande encore le BIT. En effet, fait valoir l'organisation, les salariés ne représentent que la moitié des travailleurs dans le monde et n'agir que sur les salaires laisserait une forte part de la population à l'écart, notamment dans les pays en voie de développement et émergents.