MENSONGES D'ETAT

  • Kitano
  • Films

La filmographie de Ridley Scott fait alterner genre et succès (GLADIATOR – 2000) comme produit formaté et échec (UNE GRANDE ANNEE – 2007). Le titre français (car en anglais Body of lies se traduirait par Le corps du mensonge) rappelle celui de son frère (Tony Scott) ENNEMI D’ETAT sorti en 1999 et fait aussi penser au plus lointain JEUX DE GUERRE de Phillip Noyce (1992) de par la technologie du satellite utilisée.

 

C’est un mélange d’actions et de stratégies dans un environnement contemporain international terroriste mêlant les Etats et leurs agents qui va se dérouler pendant deux longues heures. Longues parce qu’après avoir énoncé la technique des terroristes (ne pas utiliser les moyens modernes traçables mais la bonne vieille méthode orale), montré la technologie pointue des satellites, le cheminement de cet agent entre les différents pays, les tactiques pouvant se révéler mortelles, on perçoit que l’on est dans une histoire (et un dénouement) conventionnelle.

 

Sentiment d’autant plus présent que Ridley Scott, étant producteur, veut plaire avec ses acteurs, autre intérêt du film. Russel Crowe dont c’est la quatrième interprétation avec le réalisateur (AMERICAN GANGSTER en plus des deux du début d’article) joue un directeur de la CIA sans scrupules et sans émotions ou presque. Il est présenté de manière presque caricaturale (avec oreillette le dimanche chez lui à 6h du matin, empâté, toujours ou presque à manger et vaquant à des obligations familiales) tandis que le rôle de Leonardo DI CAPRIO est symbole sinon de probité du moins de compréhension de la mentalité arabe et plus particulièrement jordanienne (la parole donnée, on ne ment pas). Sa prestation est parfaite, comme d’habitude.

 

Et pourtant à la fin du film, c’est une réaction inverse que l’on ressent après la rencontre entre ses deux. On comprend plus le directeur cynique que cet agent idéaliste dont le couple a périclité et dont l’idylle nouvelle s’avère utopique.

En début d’année, Brian De Palma retrouvait l’inspiration avec une petite production (REDATED) et un choix conceptuel de cinéma sur la guerre en Irak. Ridley Scott en suivant un schéma classique n’a pas réussi ce que son frère avait fait presque dix ans auparavant dans des codes pourtant hollywoodiens.

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