LE NOUVEAU MONDE : Merci Les Inrocks

  • Kitano
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La fresque Historique, et la critique politique qui va avec, n'est pas l'enjeu majeur de Terrence Malick. C'est autre chose qu'il ausculte dans le mythe de Pocahontas. Comme son personnage de jeune transfuge, le film ne cesse de s'échapper, et réinvente son sujet en cours de route. Ce qui caractérise Pocahontas, c'est une intelligence adaptative (dans l'apprentissage d'une langue, l'appropriation d'un mode de vie, la capacité à changer de vie). La jeune fille prend tout ce qui vient : le bel étranger surgi des mers, la petite fourmilière occidentale qui se forme sur ses terres, puis le deuil de l'homme aimé, l'amour d'un nouvel étranger, et finalement la mort, qu'elle accepte avec le même enthousiasme. Etre apte à se déposséder de tout, ne se raccrocher à rien (ni une terre, ni un peuple, ni un amour, ni même la vie), avancer sans se retourner - et si possible en gambadant -, s'inventer polymorphe, c'est l'étonnant pari existentiel de Pocahontas, qui traverse la vie comme un deuil perpétuel mais joyeux. Dans sa façon d'embrasser tous les horizons (terre et mer, vie et mort, matière et esprit), de faire d'un destin individuel quelque chose de plus vaste encore qu'une histoire collective, le film accompagne son personnage dans son élévation. "Le cinéma, fenêtre sur le monde", enseigne-t-on à la fac. Celui de Terrence Malick ouvre sur le cosmos. || J.-M.L.

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