BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS

  • Kitano
  • Films

La bande annonce ne m’incitait pas à aller voir le phénomène de cette année et de début de siècle, mais les critiques en ont décidé autrement car ; mis à part Les Inrockuptibles ; toutes convergeaient vers la mention ‘à voir’.

 

Si le début est un développement de la minute promotionnelle sans grande originalité, la suite au fil de l’histoire, son humour et surtout sa tendresse va engendrer l’intérêt et sûrement le succès populaire. Phillipe Abrams, cadre de Cassis à la Poste va être muté à Bergues, dans le Nord Pas de Calais, par mesure disciplinaire pour avoir simulé d’être handicapé en ayant eu l’espoir d’obtenir un poste sur la Côte d’azur, qui aurait ravi sa femme dépressive. La découverte de la ville, son beffroi, ses habitants et surtout les employés avec leurs qualités mais aussi leurs faiblesses va donner un mélange plus doux qu’amer sur une région présentée avec des températures froides …. très froides (apparition fugace de Michel Galabru).

 

Pour les réticences, on pourra relever un scénario gentil effleurant certains problèmes (alcoolisme, relations entre directeur et employés, relation mère/fils, relation de couples) et cousu de fil blanc du mariage. Mais, on est dans une comédie et comme dans QUATRE ETOILES (lire critique 13 mai 2006 – dernier film français où j’ai vraiment exulté) l’important reste le sourire et le rire. Humour de situation tout d’abord dans le langage avec un cours de prononciation et de traduction de la langue cht’i mais aussi dans la classique rencontre de deux personnages opposés transposée ici dans un endroit géographique (scène révélatrice de la pluie après le passage du panneau Nord Pas de Calais).

 

Comme scène hilarante, je garde celle du barbecue où l’épouse demande « qu’est ce que l’on mange ? », ce à quoi on lui répond « cela dépend de ce qu’on trouve » et, au même moment, on entend miauler, un chat sort d’une maison suivi d’une personne avec un fusil qui lui tire dessus ! On se croirait chez Kusturica !

L’humour à répétition (l’autoroute, le mensonge sur la situation vécue, les scènes de repas) fonctionnent comme les dialogues et répliques qui font passer le personnage de Kad Merad de « Tristus » en « Rigolus ».

Le réalisateur pousse la délicatesse à ne pas se donner un rôle (même si tout finit bien) le mettant en valeur (regard vers Bourvil) : à 35 ans, il vit encore chez sa mère (une Line Renaud mère poule castratrice) qui lui amène sa gamelle au travail. Il a une personnalité simple mais émotionnelle.

 

Plus encore que la découverte d’une région, d’une rencontre, d’une amitié, d’une mentalité d’entraide, Dany Boon rend hommage à ses compatriotes. De par cette comédie, il donne une réelle qualité relationnelle. Les bons sentiments ne font pas les bons films sauf lorsqu’ils vous parlent, qu’importe où vous habitiez.

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