REDACTED

  • Kitano
  • Films

Lors d’une interview, Brian De Palma disait que les producteurs ne s’attendaient pas à voir la tournure du résultat final sur l’écran. Partant d’un fait divers tragique ; le viol et le meurtre d’une irakienne de 14 ans et de sa famille par des soldats américains ; le réalisateur américain va reconstituer une fiction avec une approche d’une réalité voilée par les médias. Le film est un excellent départ pour une réflexion théorique sur un sujet de cinéma lié à l’actualité de politique internationale : comment mieux montrer la réalité qu’en partant d’un fait divers transformé par la fiction ?

 

Brian De Palma y répond de deux manières : tout d’abord de façon littérale au début de son film, lorsque l’on entend : « la première victime de la guerre sera la vérité », ensuite en réalisant cette histoire par un collage de vidéos (cadrant avec le budget de production réduit) dont de nombreuses sont inspirées de YOU TUBE.

 

Le titre REDACTED est révélateur. Dans un sens premier, il signifie rédiger mais le sous-titre de l’affiche ‘revu et corrigé’ semble mieux adapter à ce que l’on va suivre. Ce qui est intéressant, c’est la distorsion des informations officielles avec les personnes sur le terrain. Sur cet aspect, la psychologie de certains interpelle. On pense au personnage avec de l’embonpoint dans le FULL METAL JACKET de Kubrick, l’obsession sexuelle en plus. Placé sous couvert d’un territoire occupé, la situation déborde de son contexte avec cette autre phrase, révélatrice de l’ambiance de ce que peuvent ressentir les irakiens, « sur 2 000 personnes tuées dans les barrages filtrants, 60 auraient été des terroristes ». Car ne sachant pas lire les panneaux ou interpréter les signes des américains, les chauffeurs ne s’arrêtent pas au check point et se font donc tirer dessus.

 

Les points de vue sont montrés par quatre styles différents : ceux des (jeunes) soldats (caméscope d’un d’entre eux voulant être futur réalisateur), caméra de surveillance, documentaire français ( !) et des images de miliciens. Le retour aux Etats-Unis montrera que les blessures sont aussi mentales. Après un décevant DALHIA NOIR (2006), une insipide FEMME FATALE (2002), Brian de Palma dans ce format de liberté, de presque documentaire retrouve une inspiration qui pourrait se poursuivre avec le projet annoncé de la suite de son film culte LES INCORRUPTIBLES.

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