L'histoire du jour

  • Kitano

Du strict point de vue du jeu, c'est un régal. Les meilleurs joueurs s'affrontent, pour la plus grande beauté du geste. Mais question universalité, le bel idéal sportif en prend un coup.

Depuis quelques années, les compétitions de tennis de table, de plus en plus, se transforment en affrontements sino-chinois. Avec, d'un côté, les titulaires d'un passeport délivré par les autorités de Pékin, et de l'autre les compétiteurs naturalisés, souvent à la hâte, par des pays soucieux de s'attacher des talents introuvables dans leurs frontières. Lors de la dernière Coupe du monde féminine, 14 concurrentes sur 16 étaient d'origine asiatique.

 

Trop c'est trop, ont donc tonné les autorités pongistes. La Fédération internationale de tennis de table (ITTF) a voté, vendredi 29 février, un nouveau règlement, pour les championnats du monde et les Coupes du monde. Tous les joueurs naturalisés avant l'âge de 15 ans doivent attendre trois ans avant de pouvoir porter leurs nouvelles couleurs, un temps de latence porté à cinq ans pour ceux naturalisés entre 15 et 18 ans, et à sept ans pour ceux naturalisés entre 18 et 21 ans. A un âge plus avancé, un "transfert" n'est tout simplement plus possible.

"C'était devenu très mauvais pour l'image du tennis de table", affirme la Française Claude Bergeret, ancienne championne et aujourd'hui vice-présidente de l'ITTF. La motion a été votée par 45 voix contre 2 au sein du comité directeur de la fédération. Elle a même obtenu la voix du représentant chinois. "Ils devaient affronter certains de leurs anciens joueurs, qui sont une vraie concurrence pour leur équipe", explique Claude Bergeret. "Ils sont intelligents et cette affaire montre leur capacité à autoréguler leurs propres excès. Ils ont compris que ça allait tuer un business qu'ils dominent, car le grand public international ne veut pas voir que des Chinois", complète un observateur.

Lors de la dernière Coupe du monde féminine de tennis de table, 14 concurrentes sur 16 étaient d'origine asiatique.

 

AFP/TEH ENG KOON
Lors de la dernière Coupe du monde féminine de tennis de table, 14 concurrentes sur 16 étaient d'origine asiatique.

Reste l'épineux problème juridique. Ce genre de règlement est souvent battu en brèche devant les tribunaux. "Il s'agit d'une discrimination, affirme l'avocat Serge Pautot, spécialiste du droit du sport. Cela peut-être considéré, pour un naturalisé, comme une restriction au droit de travailler." L'analyse est contestée par Claude Bergeret : "Ce règlement ne concerne que les championnats et les Coupes du monde, qui sont des épreuves de statut amateur, sans primes." Même si elles amènent de la notoriété et donc des revenus de sponsoring...

http://www.lemonde.fr/sports/article/2008/03/03/lorsque-les-chinois-votent-contre-trop-de-chinois_1018215_3242.html#ens_id=1003713

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