L'augmentation des naissances hors mariage. Aujourd'hui, constate le rapport de Valérie Pecresse, "le mariage n'est plus considéré comme un préalable indispensable pour accueillir un enfant". En 2005, 48,3 % des enfants sont nés au sein d'un couple qui a choisi l'union libre, contre seulement 7 % en 1970. Pour les aînés — le mariage des parents survenant souvent après le deuxième ou le troisième enfant —, les chiffres sont plus élevés encore : en 2005, près de 60 % d'entre eux sont nés hors mariage. "Ce qui était un événement contraire aux normes sociales est devenu un événement banal", résumaient, en 1999, Francisco Munoz-Pérez et France Prioux dans la revue Population et sociétés ("Naître hors mariage", janvier 1999).

 

Dans l'immense majorité des cas (92 %), ces bébés sont reconnus par leur père. "Le fait de naître hors mariage a rarement une influence sur la filiation des enfants, constate le rapport de la mission parlementaire. La naissance hors mariage n'entraîne pas réellement de différence dans l'éducation et la vie des enfants." En 2004, le garde des sceaux, Pascal Clément, avait pris acte de ce bouleversement des mentalités en supprimant, dans le code civil, la notion même d'enfants "légitimes" (nés de parents mariés) et "naturels" (nés de parents non mariés). "Désormais, quelle que soit la situation juridique du couple, c'est la naissance d'un enfant qui crée socialement la famille", résumait déjà, en 1998, le rapport Théry.

 

La France, où près de la moitié des enfants naissent hors mariage, est l'un des pays européens où le déclin du modèle traditionnel est le plus fort : en Allemagne, au Portugal, en Belgique, en Espagne, plus de 75 % des enfants naissent encore au sein d'un couple marié. En Italie ou en Grèce, c'est le cas de plus de 90 % des enfants.

 

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