Dernier film de cette année 2007, qui restera comme celle du record en nombre de films vus (63). Ce sont des critiques élogieuses qui m’ont poussé à aller voir le dernier de Sydney Lumet, sortie en septembre, dont j’avais vu certaines réalisations dans les années 80. Il faut dire qu’il a tourné son premier film, il y a 50 ans (12 HOMMES EN COLERE) et sa filmographie oscille dans tous les genres et même les bides (THE WIZ, EQUUS).

Ce que Woody Allen a raté dans LE REVE DE CASSANDRE, le réalisateur de Philadelphie va le réussir : une histoire de cambriolage familial qui va mal se terminer.

Tout au long de l’histoire, l’anéantissement d’une famille, les failles des personnages et de leur situation vont se dérouler avec le principe de l’effet diffracté emprunté à Gus Van Sant (une scène reprise quelques temps avant mais vu par un autre personnage, par un autre angle). La réussite vient d’un scénario structuré et d’une mise en scène moderne, alerte dans une lumière jamais éclairante mais toujours sous-exposée comme le seront les sentiments et les destins des personnages jusqu’à leur chute.

Le film commence par une scène de sexe qui préfigure de la fuite en avant des personnages. Rien ne semble comme il paraît, à l’image de la situation professionnelle de Andy, comptable dans une société qui vit au-dessus de ses moyens avec une histoire de couple qui n’arrive pas à atteindre l’harmonie sexuelle. Sexe mais aussi drogue pour ce frère massif, admirablement joué par Phillip Seymour Offman face au fragile Ethan Hawke  toujours à la recherche d’argent, surtout pour garder une bonne image face à sa fille, vu qu’il l’a perdu face à son ex-femme. A tout cela va se rajouter un drame familial, d’où sortiront des vérités comme le suggère le titre original « Before the Devil knows you’re dead » (Avant que le Diable apprenne ta mort).

A plus de 80 ans, Sydney Lumet nous donne un film aussi impressionnant que UN APRES-MIDI DE CHIEN qui datait de 1976 et dont le souvenir est toujours présent.

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