Le Portugal a passé le relais de la présidence de l’Union européenne à la Slovénie pour six mois.
C’est la première fois, depuis le grand élargissement du 1er mai 2004, qu’un Etat d’Europe de l’Est va exercer cette fonction. Tout un symbole, d’autant que ce petit pays de 2 millions d’habitants n’existait même pas en tant qu’Etat indépendant avant juin 1991, date à laquelle elle s’est séparée de la Yougoslavie. De leur côté, Chypre et Malte, qui ont aussi rejoint l’Union en 2004, sont passés à la monnaie unique la nuit dernière (lire l’encadré): la zone euro compte désormais quinze Etats membres et 315 millions d’habitants - la Slovénie ayant adhéré le 1er janvier 2007.

Le nombre de lois européennes adoptées par le Conseil par consensus reste toujours aussi élevé, autour de 90%. Autrement dit, les Etats n’ont pas plus recours au vote à la majorité qualifiée depuis l’élargissement. Mieux, en cas de vote, on retrouve le plus souvent dans les minorités le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Suède et la Grande-Bretagne, c’est-à-dire d’anciens Etats membres.

Finalement, c’est la Commission qui semble ne pas se remettre de l’élargissement : les commissaires se comportent désormais comme les représentants de «leur» Etat d’origine alors que le traité leur impose de défendre l’intérêt général européen.
Le futur traité de Lisbonne qui limitera le nombre de commissaires à 18 à partir de 2014 permettra de corriger ce travers.


L’élargissement a fait une seule véritable victime : le français. Alors qu’avant 1995, le français était dominant, l’anglais est devenu la langue quasiment unique des institutions. 72% des documents sont rédigés en anglais, 14% en français, 2,7% en allemand…

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