LE PETIT LIEUTENANT

  • Kitano
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LE MAUVAIS FILS
 
Des films sur milieu policier, il y en a peu dans le cinéma français. Le précédent, L627 de Bertrand Tavernier nous montrait les pratiques d’une équipe qui flirtait flirter avec des moyens limités et les zones d’ombre d’un code informel. Dans cette veine réaliste, Xavier Beauvois va nous entraîner dans la vie d’Antoine, jeune lieutenant qui a choisi sa première affectation dans la « criminelle » à Paris, parce que « c’est là que se passe 80% des affaires ».

L’étude ne s’arrêtera pas à ce seul personnage mais à son environnement : famille, amour, collègues. Jeune flic de son époque, il a les qualités de l’ordre et les défauts de n’importe lequel d’entre nous … avec certes un pistolet à la taille. Antoine cherche l’action de ce qu’il a « vu dans les films » mais, le quotidien  passe aussi par des planques et des rapports, qui peuvent rebuter sans compter l’usure du temps et de l'alcool.
 
Jamais le réalisateur ne va porter un jugement sur ces personnages dont le plus touchant est cette femme sortie de l’alcoolisme mais qui ne sait pas engagée dans une vie de couple. Nathalie Baye compose avec émotion ce commandant qui revient à la criminelle après trois de mise à l’égard à cause de sa dépendance et qui trouve en ce jeune lieutenant, un transfert de son fils décédé.
 
L’image du flic raciste n’est pas éludée mais elle est loin de ce que peuvent penser ceux qui les détestent. Ces policiers là, sont des hommes et commettent des fautes, usés mais sans abus de leurs prérogatives. Certaines scènes sont fortes parce qu’elles révèlent les personnes : la fin de repas chez le flic d'origine marocaine qui explique ce à quoi il a dû faire face dans l’équipe à ses débuts, les explications d’Antoine avec sa copine dans son appartement, l’enterrement, la faute du collègue, le retour de Nathalie Baye chez son ex après la triste nouvelle. On pourrait en citer beaucoup d’autres comme certaines répliques lorsque Antoine et Nathalie Baye fument un pétard et qu’un jeune leur demande de « tirer une latte » après quoi il leur dit : « Merci, mais faites attention, c’est bourré de flics ici ».
 
Un film tout en douceur sur un destin tout en noirceur qui reflète une réalité qui ne glorifie ni ses protagonistes, ni ne les abaisse.  
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