Les notes bleues de Bercy

  • Kitano
Dans son enquête annuelle « Les salaires en France », l'Insee exploite une nouvelle base de données concernant le « revenu salarial ». A mi-chemin entre le salaire horaire et le niveau de vie des personnes, cette notion, appliquée au secteur public comme au secteur privé, correspond à l'ensemble des salaires perçus sur une année, chez un ou plusieurs employeurs, par un individu. Il n'est pas limité aux seuls travailleurs à temps complet mais tient compte de l'ensemble des situations d'emploi (temps partiel, intérim, etc.). Le revenu salarial annuel dépend donc à la fois du salaire journalier des individus et du nombre de jours rémunérés dans l'année.

L'analyse de l'Insee révèle un paradoxe : depuis le début des années 1980, le revenu salarial annuel stagne en euros constants alors que dans le même temps, le salaire horaire a progressé et le Smic a été revalorisé (de 37 % en termes réels entre 1978 et 2005). Cette stagnation s'explique par la combinaison de deux phénomènes : le développement de situations précaires (temps partiel subi...) et la baisse du nombre de jours rémunérés. L'évolution de la composition de la main d'œuvre éclaire cette situation : en 2005, 31 % des salariés travaillaient à temps partiel ou n'occupaient pas un temps complet sur l'année, alors qu'ils n'étaient que 17 % en 1978.

Les inégalités de revenu salarial évoluent différemment en fonction des catégories socioprofessionnelles. Premières victimes de la précarité, les jeunes et les ouvrières sont les plus touchés en raison de la baisse du nombre de jours rémunérés ; par contre, pour les femmes cadres, les inégalités sont en recul sous l'action simultanée de la réduction des inégalités de salaire journalier et de celle de la durée de rémunération.
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