Cinéma KING KONG

  • Kitano
  • PoP

Seul, une fois de plus seul, à rester à regarder le générique jusqu’à la fin et lire la dédicace à la dernière image du film aux auteurs du film original (Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper ) et à l’actrice FAY WRAY. KING KONG a marqué les esprits, ceux qui l’ont vu en 1933 puis ceux de tous les enfants qui ont pu le voir au ciné-club, un dimanche soir dans les décennies qui ont suivi. Peter Jackson (le réalisateur du SEIGNEUR DES ANNEAUX) fut de cela.

 

Pourquoi un tel film aux effets dépassés à l’heure du numérique demeure l’un des jalons du cinéma fantastique et du cinéma tout court ? Peut-être parce que derrière cette histoire de série B, se cache une profonde histoire d’amour impossible ( la Belle et la Bête ) et soulève des sujets qui touchent aujourd’hui à la protection de la culture, au problème de la recherche effrénée du profit. Un remake a été réalisé en 1976 par John GUILLERMIN, plus sanglant, plus écolo mais raté. C’est un film que je ne pourrais jamais oublié puisque c’est le seul que j’ai vu avec mon père au cinéma. Presque trente ans après, le Roi Kong va donc revisiter New-York avec toujours cette fin fatale.

 

Deux évidences : la première est la durée du film, trop longue. Peter Jackson a encore eu le syndrome du Seigneurs des anneaux, une heure de moins aurait donné du rythme et surtout n’aurait pas distillé un ennui ; après un début trop poussif ; qui restera jusqu’à la fin. La durée du film original était d’une heure quarante, en réduisant la première partie (avec son côté social bienvenu) et en supprimant l’épisode des « cafards » géants le film aurait gagné en intensité.

Seconde évidence, la référence au film original. Contrairement au film de 1976, ce n’est pas une actualisation ou modernisation de l’histoire qui a été choisie et cela, la première image nous le montre avec simplement le titre en police des lettres de l’époque. La dernière image du générique confirmera cela. On pourrait égrener les similitudes de scènes d’avec l’original.

 

Ce qu’il y a d’original dans le film, c’est le côté humour, comique (plus que dans le mot « merveilleux » qu’essaye d’apprendre l’héroïne à son kidnappeur) notamment lors du numéro avec une canne improvisée servant de soutien que pousse Kong, faisant par la même chuter l’actrice ! Côté sourire, on appréciera le dialogue du début de film, le réalisateur cherchant une actrice : « FAY, pas possible, elle tourne avec COOPER » !

Les combats avec les tyrannosaures dépassent ceux de JURASSIK PARK, on voit d’ailleurs les vélociraptors. Deuxième partie de film mouvementée qui rappelle le côté trash de peter Jackson (Brain dead en 1992), la tribu lui donne aussi l’occasion de lorgner vers le genre possédé, style vaudou.

 

Pour le reste, on regrettera que l’histoire d’amour ne soit pas plus fouillée, ne donnant donc pas l’émotion attendue lors de la mort de Kong. Le réalisateur n’aura pas jugé bon d’insérer la scène au doux caractère érotique de la cascade de l’original. Cela valait mieux que de subir pendant près de deux heures, les beaux yeux bleus écarquillés mais larmoyants de Naomi Watts.

Un film même gonflé d’effets spéciaux, ne peut dépasser son original s’il n’exacerbe pas le côté relation amoureuse, COPPOLA l’avait compris avec le DRACULA. C’est d’autant plus dommage que la durée le permettait. Le film de 1933 fera encore et encore rêver.

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