TROIS ENTERREMENTS

  • Kitano
  • Films
Comment ces acteurs américains jouant le rôle de policier, lorsqu’ils passent à la réalisation, peuvent-ils montrer tant d’émotion retenue ? Pourquoi en France, n’a-t-on pas cela avec cette vision sociale et politique ? La réponse ne viendra pas aujourd’hui.

  

TOMMY LEE JONES, qui a marqué le film LE FUGITIF, a choisi pour sa première réalisation un sujet à mi-chemin entre le western et le road movie, une rédemption dans cet hommage à une amitié. Pete Perkins (Tommy Lee Jones) va forcer un garde frontières, qui a tué par erreur un mexicain sans papier, à convoyer son corps dans son village d’origine.

Sur fond de problème économique, politique ce qui intéresse ce sont les relations entre les personnes et leur accomplissement dans leur vie. Accomplissement ou résiliation, voire rêve dans l'avenir.
Le rêve ne vient que par le biais de la télévision pour la femme du garde frontière : poupée blonde, sorte de Gwyneth Palthrow ordinaire qui s’ennuie, mal aimée, au sens propre comme figuré. Sa jeunesse proche nous semble pourtant bien lointaine, une vie glauque semble se pérenniser.
Cela sera le personnage qui changera le plus, du moins au point de vue géographique.

  

La plupart des personnages semble vivre dans une apparence aux autres sauf en ce qui concerne les mexicains traités avec empathie et le personnage central. Son côté fou dans sa démarche laisse transparaître son humanité avec ou contre son état de paysan. Chacun va se retrouver face à sa condition : celle de la solitude, celle de ses peurs. Pour les mexicains, c’est la douane, pour les gringos c’est le vide affectif.

 

La mise en scène privilégie une douce lenteur sans s’embarrasser de dialogues superflus, la comédie apparaît même dans des situations comme pour atténuer l’aspect grave et mortifère. Tommy Lee Jones sort grandi de ce film qu’il a aussi produit, et qui a mérité le prix du scénario et de la meilleure prestation masculine à Cannes cette année.

 

Souvent au fil du film, on pense à la figure du cow-boy, à cet acteur devenu un réalisateur majeur dans le cinéma et qui nous a donné le plus beau film cette année : Clint Eastwood. Sans vouloir écraser Tommy Lee Jones par cette figure, c’est une révélation et sûrement le début d’une carrière de réalisateur qui s’annonce prometteuse.

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