CHACUN SON CINEMA

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  • Films

Gilles Jacob pour le 60e Festival de Cannes a demandé à 34 réalisateurs un court métrage de trois minutes avec comme thème imposé la salle de cinéma. C’est donc un florilège d’émotions, d’hommages, d’humour, de joie, de politique et surtout, surtout de cinéma que l’on va savourer pendant cent dix minutes.

Si l’on excepte le début avec Raymond DEPARDON trop documentaire, le Gus Van Sant insipide et le Amos Gitai politiquement marqué, tout le reste se regarde avec plaisir et même délectation. Dès la première image, j’ai reconnu Kitano, Lynch, Wong Kar Wai, pour d’autres ce fut un peu plus long : Chen Kaige, Cronenberg, Angelopos, les frères Dardenne, De Oliviera.

Le film débute avec de l’humour puis le rythme retombe avant de repartir vers des thèmes plus personnels et politiques. De ces courts-métrages, c’est l’amour du cinéma qui ressort, et étrangement des thèmes vont apparaître, sans que les réalisateurs se soient concertés.

On retrouvera trois fois un aveugle (Zhang Ymou, Innăritu, Ruiz), le thème de la fin du cinéma traité radicalement par Cronenberg (titre évocateur « le suicide du dernier juif du monde dans le dernier cinéma du monde"), d’une façon détournée par Atom Egoyan (un couple qui s’envoie par téléphone le film qu’ils sont en train de visionner), d’une manière humoristique et pétillante avec le Walter Salles.

Voir et revoir les classiques : Frederico Fellini cité par l’affiche de 8 ½, Marcello Mastrioanni que l’on retrouve pour un hommage chez Angelopoulos avec une Jeanne Moreau touchante, Charlie Chaplin (Zang Ymou), la musique du Mépris, Dreyer, Bresson et j’en oublie.

On arrive même à de l’auto-citation pour Chahine (« 47 ans que j’attendais ce moment »), mise en abîme suivant son TAKESHIS pour KITANO qui montre un paysan allant voir un film de Kitano (Kids return) avec un projectionniste (Kitano lui-même) ayant des problèmes avec la bobine. Tous les cinéastes asiatiques sont touchants. Touchant aussi Claude Lelouch qui parle de l’intime, de l’enfance, de ses parents. Il le fait admirablement. Beaucoup de cinéastes n’ont peut-être pas gardé leur âme d’enfants mais certains ont gardé leurs souvenirs. Le titre du Wong Kar-Wai en est révélateur : « j’ai parcouru 9 000 km pour te le donner ».

Et ensuite, il y a le politique avec le WimWenders que l’on retrouve dans une veine de reporter, le Kiarostami porteur d’espoir. Et puis les désabusés : Cronenberg, Moretti, Ken Loach.

David Lynch reste fidèle à lui-même dans un format court qui lui convient (son dernier film si long nous perdait en route) dans une histoire miroir avec meurtre à l’appui mais avec la figure de l’ange-danseuse, après avoir vu un ciseau géant dans la salle de cinéma. David a toujours de l’inspiration et Lars Von  Trier  est arrivé  à me faire rire avec une fin pourtant  gore !

Voici une courte présentation de ces segments qui ne peuvent qu’enchanter les cinéphiles et aussi, il faut l’espérer les autres : chacun ses choix, ses interprétations, ses coups de cœur.

CHACUN SON CINEMA est un film réjouissant, peut-être le plus réjouissant de cette année.

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