En Arménie aussi, l’inflation galope…

  • Kitano
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Si l’Arménie semble avoir déjoué certains pronostics alarmistes, selon lesquels son économie allait être frappée de plein fouet par le contre-coup des sanctions occidentales imposées à son allié et partenaire russe depuis l’invasion de l’Ukraine par l’armée de Poutine le 24 février, elle n’échappe en tout cas pas à une spirale inflationniste planétaire, constatée depuis la pandémie du covid et que le conflit ukrainien a aggravée.

Comme la Russie, dont l’économie résiste pour l’instant mieux que prévu au train de sanctions drastiques mises en place par les Occidentaux, et comme nombre de pays, en Europe et ailleurs, l’Arménie voit son taux d’inflation atteindre des records.

L’inflation y était ainsi toujours à la hausse en juin, affichant un taux annuel de 10,3% selon les chiffres du gouvernement arménien. Le Comité des statistiques du gouvernement arménien a ainsi annoncé jeudi 7 juillet que la hausse des prix des denrées alimentaires était la principale cause de cette poussée inflationniste qui grève lourdement le niveau de vie des foyers arméniens. Ces prix ont enregistré une hausse moyenne de 17 % d’année en année. Le même Comité a fait état d’une hausse de près de 46% des prix moyens des légumes et fruits, produits pour l’essentiel dans le pays. Les prix du pain et de la viande de bœuf auraient quant à eux augmenté de près de 20 % par rapport à juin 2021. Le ministre arménien de l’économie Vahan Kerobian a admis jeudi 7 juillet que cette inflation bien plus importante que prévue risquait d’accroître la pauvreté, que le gouvernement de Nikol Pachinian se félicitait d’avoir fait reculer au seuil le plus bas depuis l’indépendance.

C’était avant la crise sanitaire et économique due à la pandémie de coronavirus, qui avait inversé la tendance dès 2020, en faisant ressurgir le spectre de la pauvreté. Mais il avait ajouté que l’impact de cette hausse des prix des biens de consommation pourrait être endigué par une croissance économique vigoureuse dans les cinq premiers mois de l’année en cours. La croissance se traduit par de nouveaux emplois et des salaires plus élevés, avait-il déclaré devant les journalistes.

Kerobian avait aussi mis l’accent sur la décision du gouvernement la semaine dernière d’augmenter le salaire moyen national minimum de 10 %, soit jusqu’à 75 000 drams (182 dollars). La mesure devrait prendre effet en janvier 2023. Les responsables du gouvernement ont annoncé que les pensions et retraites seraient aussi augmentées l’an prochain, mais sans préciser le montant de l’augmentation promise.

L’inflation avait atteint un taux à deux chiffres le mois dernier en dépit d’une surprenante tenue de la monnaie nationale arménienne, le dram, qui se renforçait face au dollar dès la mi-mars, alors que des milliers de Russes fuyant leur pays frappé par les sanctions étaient venus s’installer en Arménie. La solidité du dram sur le marché des changes doit aussi au renforcement du rouble russe, porté à bouts de bras par l’économie russe et les milliards que continuent à rapporter à la Russie ses exportations de pétrole et de gaz. La Banque centrale d’Arménie a clairement fait savoir qu’elle n’entendait pas baisser les taux d’intérêts ni intervenir sur le marché local des changes pour inverser une tendance qui, en renforçant le dram, frappe du même coup durement certains exportateurs arméniens. Le gouverneur de la Banque centrale, Martin Galstian, a ainsi souligné le mois dernier qu’un dram plus fort pouvait dans une certaine mesure faire contre-poids aux pressions inflationnistes extérieures exercées sur l’économie arménienne.

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