BALI 9 : THE KILLING MOON

  • Kitano
  • Voyages

Ma nuit s’est bien passée mais le réveil va réveiller mes douleurs. En fait, je pense avoir un nerf sciatique coincé. Les massages même du dos ne résolvent pas ma situation.

Et je dois arrêter d’écrire ce soir car je souffre  trop assis et que je suis fatigué !

...

Je reprends donc le fil de la journée d’hier !

Cela commence au petit déjeuner, mon téléphone m’affiche une page en indonésien mentionnant un touriste. Malheureusement cette page va disparaître ! le relais est pris par Wayan qui me dit qu’un touriste a été retrouvé noyé.

On prend le petit déjeuner et je vois arriver un homme dont le visage me rappelle lointainement une personne. Mais oui, c’est Pascal, un français rencontré en 2011. Voici en résumé son histoire pour ceux qui ne m’aurait pas lu il y a 6 ans.

Pascal a eu deux vies, une avant 36 ans, l’autre après. Il en a une cinquantaine aujourd’hui. Ce changement a eu lieu grâce ou à cause d’un grave accident de voiture. Depuis, il touche une rente qui lui permet de voyager. Il a arrêté sa vie dissolue, vendu ses biens et voyage, sa base étant la Thaïlande.

Dernièrement, il a vadrouillé en Amérique du sud et Amérique centrale. Il n’a pas pu entièrement en profiter car on lui disait et il avait entendu que souvent des touristes pouvaient disparaître en se promenant seul.

Il sera étonné de ma mémoire lorsque je lui parle de son livre. Il avait comme projet un livre qui mêle les 5 sens. Il en a envoyé quelques chapitres a 12 éditeurs et a eu deux réponses dont celle de l’association de Pierre Bergé. Il me dit avoir commis l’erreur d’avoir envoyé la totalité du livre sous forme cd. Son livre fait 1 500 pages avec deux parties « faits passés et fais passer » : la première partie de sa vie et la seconde en quête de spiritualité. Il me dit que s’il avait publié son livre, les bénéfices auraient été versés pour son association pour la scolarisation d’enfants en Asie.

Je lui parle de mon mal de dos et il me dit que Wayan va l’emmener voir un masseur local. Je demande l’adresse à Wayan mais celui partira car il a un problème avec sa moto. Demain, me dis-je.

Nous, on va faire une longue balade vers l’aéroport, celle que l’on avait pas faite l’an dernier car c’était trop loin avec les enfants. On part sous un temps couvert et au retour, il va faire chaud, tout le monde va prendre des couleurs. Durant ce chemin, c’est la succession d’hôtels avec piscine et gazon entretenu avec plus de monde sur les matelas dans l’hôtel que sur la plage où personne ne se baigne.

Les vendeurs de souvenirs, sarongs et autres babioles sont à l’entrée de certains hôtels. Je vois une pancarte pour des massages qui avoisinent le demi-million de roupies (soit dix fois plus cher qu'un massage). Nous voyons aussi de plus près les avions qui atterrissent et le départ de ceux qui décollent avec toujours ce vrombissement.  Sur la digue, on voit des crabes et des pêcheurs à la ligne.

Je propose après cette longue marche une halte à notre hôtel mais ma compagne me dit qu’il est tard, presque 13h, on va donc manger au masakan muslim tenu par des femmes. Est-ce le fait d’avoir pris un encornet géant mais le prix est encore en augmentation.

Au retour ma compagne se sent mal, tellement mal qu’elle vomit. Au bungalow, je croise Wayan qui me dit avoir vu le « father » et que je peux venir avec lui pour un massage. J’accepte tout de suite.

Il habite dans Semyniak dans une petite rue perpendiculaire. Il a un  certain âge, on le croirait sorti d’un film chinois avec sa barbiche blanche, sur les mur trois photos dont une de lui avec deux autres personnes, ils ont le sourire. Je suis en fait avec un ostéopathe local. Ses massages vont être vigoureux. Passé un moment, alors que je suis sur le ventre il replie ma jambe gauche et c’est là que je lance un « aahh ». Par deux fois, il va me demander de toucher le sol avec mes mains en étant debout. Je vais réussir la seconde fois mais je perçois que ma douleur est descendue vers le mollet. Il me dit de venir le revoir dans trois jours au cas où.

Retour au bungalow, on se prépare pour la plage et pour la glace pour les enfants. Alors que nous sommes sur la terrasse du Minimart, on entend une voix forte et on remarque deux hommes qui en tiennent un troisième et le troisième je le reconnais c’est Nawill ! Visiblement les deux hommes qui ont un look rasta ne sont pas contents et ils se dirigent vers le poste de police.

Dans le même temps, je croise Mysti, le français, qui me dit que le vieux monsieur classe de l’an dernier du Komala est dans son hôtel.

Ce vieux monsieur, cela fait quelques années que le voie. Toujours bien habillé, il a de la prestance, une classe. Même âgé, un peu voûté, il garde un air style "british". Je me souviens qu'il partageais un bungalow avec unhomme plus jeune. Mysti me dit qu'il passe ses journées à lire, seul.

Dans notre conversation, je demande alors le nom de son hôtel et il me répond que c’est un appartement. Immédiatement, cela me remémore la réponse de Saïd à cette même question « là-bas, au fond ». J’avais envie de lui dire : " mais tu sais, mon voyage il est booké et même l’année prochaine, je pense être au Lusa ! Pas de crainte que tu es de la marmaille dans ton hôtel !".

Pas trop de baignade car pas de drapeaux pour cause de pleine lune. En rentrant, notre voisin cool que je surnomme THE DUDE et qui a la Balitude, me dit qu’il a vu l’article sur le touriste noyé. Le corps a été retrouvé à 50 km d’ici, il n’avait pas de cheveux et porté une montre. Il n’a pas pu reconnaître le visage de Pol car le corps avait gonflé.

Le père de Pol m’appelle et je prends les précautions pour lui dire qu’un corps a été retrouvé mais la montre ne correspond pas à ce que porté Pol. Je lui dis que je m’occuperai de payer les dettes de son fils avec l’argent par Chronopost avec Wayan.

Le départ du vol de son fils est pour demain mais sans passeport,  je ne vois pas comment il pourrait faire. Il me dit qu’il va appeler la Consul pour savoir que faire pour le corps au cas où. Il me dit que c’était le 4e voyage de son fils à Bali ; fils qui était bipolaire. Il me remercie comme à chaque fois de ce que je fais et je lui réponds que c’est normal.

Ce soir, c’est la pleine lune ou presque. La première que ne verra pas son fils.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
à bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog