BALI 9 : BALITUDE

  • Kitano
  • Voyages

Lorsque j’ai écrit que cela avait été pour moi un choc de voir le mur de Berlin dans le parc du Komala avec sa cuisine transformée en chantier, j’ai eu ce commentaire fort à propos de ma soeur qui me disait : « il va falloir que tu changes d’endroit pour retrouver la Balitude ».

Tout de suite, j’ai accroché sur ce néologisme, contraction entre Bali et attitude. Avoir la Bali attitude ou même mieux la ressentir.

Pas facile à décrire car il n’y a pas de recette.

Mon voisin du bungalow de gauche a la Balitude. Un taiseux qui a toujours le sourire, qui lâche quelques mots, qui va courir le long de la plage. Je le surnomme The Dude.

Saïd a la Balitude ; toujours souriant, positif, dynamique, se contentant de peu.

Le geek de l’année dernière n’avait pas la Balitude. Il en avait tous les aspects mais il ne l’avait pas. Et pourtant qu’il était heureux au coucher du soleil avec sa copine indonésienne. Je suis sûr qu’il y croyait. Non, il n’y aura pas de neige à Noël pour lui et sa copine, dès qu’il sera parti, elle en aura trouvé un autre. Il faut bien vivre. Il avait seulement l’illusion de la Balitude.

La Balitude c’est de se promener le long de la plage vers le coucher du soleil (ou le lever du soleil) et de regarder ce qu’il se passe et la vie qui passe. Il y a des surfeurs, des nageurs, des petits, des grands, des grandes vagues, des indonésiens, des touristes, des matchs de football (en nette baisse), des groupes de javanais, des amoureux, des futurs amoureux, des tatoués, des tatouages hennés, des avions qui atterrissent, des avions qui décollent, des cerfs-volants, des drones,  des chiens (en nette baisse), des lâchers de bébés tortues, des sourires,  de la vie, de la vie qui apporte le sourire.

La Balitude c’est dans l’endroit le plus touristique qui soit, soit Kuta, de faire des rencontres avec des locaux avec qui vous allez créer une amitié sans contrepartie. Je pense à Moktar et à son frère Nawill. J’ai remarqué que lorsque je faisais des cadeaux, ils en étaient étonnés. Ils n’étaient pas habitués de ce geste. La Balitude c’est de rentrer aussi dans ce partage mais pas que du matériel. Nawill souffrait, je lui propose mes médicaments alors que je pouvais aussi souffrir des dents dans ce cas précis.

La Balitude, ce n’est pas d’avoir un sourire hébété et de dire merci lorsque l’on vous arnaque. On est dans un endroit vraiment touristique. Mais, avec l’expérience, la connaissance du terrain, on peut non pas en rire mais en sourire.  Tirer parti des expériences comme des leçons.

La Balitude, c’est de partir avec Fred en scooter faire le tour de l’île au hasard ou presque des jours, en sachant qu’il devait m’attendre car je n’étais vraiment pas rassuré sur cet engin et avec la circulation. La Balitude, c’est de vivre ses rêves, celui de Fred d’atteindre le niveau zéro du Kawa Ijen en passant par la forêt, sur un chemin qualifié « d’impraticable » par le guide (non, pas celui français).

La Balitude serait de penser aux personnes qui nous ont quitté mais sans tristesse avec un vent chaud qui nous réchaufferait de leur absence. On ne peut pas arrêter les vagues mais on peut apprendre - non pas pour moi -  à surfer et entretenir cette Balitude.

La Balitude se ressent, se vit à Bali.

Essayer tout à l’heure ou demain de sortir avec le sourire dans la rue. Regarder les gens que vous croisez. Je ne dis pas qu’ici tous ont le sourire mais ce soir, en sortant de la « porte » de la plage, un indonésien vient me parler, me parler de Pol. Il l’avait rencontré. Alors pourquoi est-il venu me parler, je ne sais. Peut-être savait-t-il que j’étais français. Dans ses propos, il y avait une compassion.

Bali change mais mon état d’esprit de ne m’être jamais, mais jamais lassé d’un seul coucher de soleil est toujours présent. Bali changera encore, pas dans le bon sens pour les voyageurs petits budgets mais il restera toujours des îlots de résistance et des connexions qui se feront encore par le regard, par quelques mots, par des phrases, par des retrouvailles, par les vagues.

La Balitude serait comme la phrase sur le blason indonésien : l’unité dans la diversité.

Car à la fin, comme il était écrit au fronton du Hard Rock Café Bali : « à la fin, l’amour que nous donnons sera égal à l’amour que nous recevrons ». C’était extrait d’une chanson des Beatles. Bali m’a beaucoup donné, c’est aussi l’un des raisons pour laquelle je reviendrai.

 

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