BALI 8 : Une vie ordinaire

Publié le 3 Août 2016

Commençons par la fin de ce jour. Je suis allé au cinéma voir le dernier Star Trek qui ressemble à un jeu vidéo avec un scénario classique de trois duos disséminés dans un environnement hostile mais qui vont réussir à se retrouver et à faire échouer la destruction de la ville de la Fédération. Les fans vont-ils aimer ? On ajoute l’ancienne touche de JJ Abrahams pour le côté nostalgie et existentiel et on rajoute des couches de combats. A éviter. La séance s’est bien déroulée. La salle était occupée au tiers, donc un tiers de moins de téléphones portables allumés (j’ai dû en remarquer quatre).

A midi, ce fut plus attristant malgré l’entrain que j’avais de retrouvé le Warung Tujuh dans lequel nous avons mangé si souvent l’année dernière La méchante surprise fut sur la carte qui s’était étoffée (un simple recto avec des rajouts au crayon en  2015). Etoffée en prix. Multipliés par quatre. Le patron, gêné , m’explique que les parts sont plus importantes (cela ne sera pas le cas) et qu’il m’appliquera une remise de 20%. Ce qu’il oubliera de me dire c’est qu’il vend une bouteille d’eau trois fois plus cher que celle que je peux trouver dans le commerce ! Il me proposera même des french fries ! Consolation, son poulet curry noix de coco est délicieux mais le charme n’est plus présent. Il a appliqué un bon plan mercatique en ayant recueilli au début de bons commentaires sur Tripadvisor, puis en ayant changé son mobilier, sa carte, ses horaires d’ouverture (petit déjeuner possible) et en ayant embauché 3 personnes. Pour le prix payé, autant allé dans un restaurant. Mes enfants auront tout de même profité de la télévision (chaîne pour enfants) et repartiront avec une banane. Il est fort le boss mais on ne reviendra pas.

Surtout que juste en face, il y a la marchande de bakso qui elle n’a pas changé ses prix notamment celle de la boisson Temulawak (boisson pétillante issue d’une sorte de harico/racine – je n’arrive pas à déchiffrer sur la bouteille). Chez elle, nous avons toujours été les seuls touristes comme dans beaucoup d’endroit.

Autre retour, mais gagnant celui-là, Yulia. Yulia est une masseuse que j’ai dû croiser des centaines de fois lorsque je venais seul et que j’étais invisible. Je suis devenu visible le jour où je suis venu avec mon fils. Elle l’aimait bien, elle aimait bien lui ‘voler’ son nez, le chatouiller. Deux ans après – et c’est toujours le cas – c’est avec le tout petit qu’elle joue le temps que nous passions et nous arrêtions un court instant. Yulia doit avoit au moins une cinquantaine d’années, si ce n’est plus, elle doit être la chef de la troupe des masseuses. Le nom de son centre est Monica spa. Je n’y suis jamais allé. Il arrivait souvent qu’il n’y ait plus aucune masseuse de libre (souvent elles restent à l’extérieur, attendant la clientèle).

Sur le trottoir juste avant la plage, j’ai croisé celui que je connais depuis très très longtemps (au moins Bali 2) mais sans connaître son prénom. Le feeling n’est jamais passé avec lui. Il applique les tarifs forts que cela soit pour les tatouages éphémères, le taxi ou autres prestations. Je lui parle habituellement le premier jour où je le croise et ensuite il me demande ce que je vais faire chaque fois que je le croiserai.

Le soir, on voulait manger un maïs mais pas possible car il a plu pendant au moins deux heures après notre retour de plage. Je me demandais ce que ferait Nawill. En fait, il est resté jusqu’à 23 heures nous attendant en partie, étant protégé par un petit parapluie.  La pluie nous a obligé à nous rabattre sur nos sachets de pâtes. Je n’ai jamais connu cela durant les 7 voyages précédents ! Le dérèglement climatique prend des formes concrètes avec des conséquences négatives sur l’activité touristique.

Marcello cadeau pour kenya

Ce matin, je me suis réveillé plus tôt soit 9h45. Je suis sur la pente de la fin du décalage horaire. Ce n’est pas encore gagné mais je suis sur la bonne pente. Au petit déjeûner, je croise Jeremy et Eva. Le premier a la tête d’une personne qui se réveille mais avec encore des grammes d’alcool dans le sang. A ma question « où as-tu fait la fête ? », il a répondu « everywhere ! ». Il demande à l’un des employés du Komala « boss, un 2e jafel » (pain de mie à la banane ou à la confiture), ce à quoi l’employé lui répond qu’il n’y en a qu’un par personne.

Eva est radicalement différente. Plus jeune, beaucoup plus jeune, blonde plutôt athlétique, des yeux bleus, bref, la qualité allemande. Elle va travailler en Belgique pour un contrat de quatre ans. C’est la première fois qu’elle restera tant dans un pays. Quid de sa famille et de ses amis. C’est elle qui a hérité de notre premier bungalow. Le deuxième le sera par un français dont je vous conterai les aventures demain.

Car, il faut que je vous le dise, on a encore changé de bungalow ! Mais cette fois, c’est la dernière car on ne pourra récupérer le bungalow de Bali 5 et 6 vu qu’il y a un réfrigérateur et qu’il doit être loué pour l’année ou alors une très longue période. Ce bungalow a la particularité d’avoir une pièce pour mettre les surfs, cela fait comme une terrasse en plus. Ce qui est énervant, c’est qu’aucun bungalow au Komala n’est correct ! Il y a toujours un point à reprendre. Le premier, c’était le bruit d’écoulement de la chasse d’eau et le bruit d’un compresseur (toutes les 20 secondes), le second, c’était le ventilateur que l’on devait mettre sur la vitesse 1 pour ne pas l’entendre. Sur la touche 5, en plus du bruit, on pouvait penser qu’il pouvait nous tomber dessus. Dans ce bungalow, le mécanisme de la chasse d’eau (encore !) est en fait …. Un lacet qu’il faut tirer mais ne pas oublier de remettre sous peine d’écoulement d’eau. Quel gâchis au point de vue de l’écologie. Dans la pièce principale, ils en sont encore à une ampoule au filament.

Cette fois, nous n’avons plus  deux lits de 90 mais un seul de 140, ce qui fait que nous allons être serrés … comme l’an dernier. Mais, ma compagne a une idée : on va dormir dans le sens de la largeur ! Bonne idée ! Notre tout petit est cette année encore, la cible des moustiques, surtout sur le visage. Comme il transpire beaucoup, c’est peut-être l’explication. Etrangement, je suis épargné. Je pense qu’il faut remettre souvent l’anti-moustique indonésien. Cette année, suite aux plaintes de ma compagne, j’ai abandonné les mosquito coal (pas bon pour la santé) pour une bombe anti-moustiques qui peut faire barrage pendant deux mois sur les boiseries. Ce qu’il ne mentionnait pas sur le bombe, c’est qu’il m’en faudrait bien plus qu’une pour ce voyage.

Sous un ciel chargé donc sa beau coucher du soleil, nous avons passé une heure sur la plage où les drapeaux étaient rouges et où officialisé Marcello. La fin de la journée avançait, Marcello m’avait dit qu’il avait secouru le matin un équatorien. Cela ne le gêne pas de faire des rescue mais lorsqu’il passe sa journée à siffler pour despersonnes qui n’écoutent, n’entendent rien, il le fait mais sans plaisir. Je m’amusais avec les enfants lorsque je vois courir avec le grand surf pour secourir les personnes. Il met le surf à l’eau et pagaye avec les mains pour arriver au niveau de l’inconscient qui est ramené sur le bord par les vagues. Marcello lui nagera pour atteindre la plage.

A son retour, nous sommes là pour lui taper dans la main. Le soleil s’est couché, la nuit va tomber, il a le sourire. Cela me rappelle bien entendu des souvenirs, une silhouette qui court se mettre à l’eau dans ma direction alors que j’étais pris dans les forts courants arrivés en l’espace d’une minute. Je me souviens encore de mon état de fatigue en pensant ‘mais comment va-t-il faire lui pour s’en sortir’, je me souviens encore retrouver le bord de plage en ayant dérivé au moins cinquante mètres. Plus rien ne sera plus comme avant avec ce jour.  C’est pour cela que mon deuxième fils porte le prénom de Marcello, espérant qu’il puisse œuvrer dans sa vie pour le bien des autres en (s’)accomplissant aussi sa vie.

Dans la vie, il y du danger, des déceptions mais aussi de la lumière, des sourires et des anges gardiens. En tous cas, à Bali, cela existe.

Rédigé par Kitano

Publié dans #Voyages

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