BALI 8 : Fred, le retour

  • Kitano
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Il est là, je l’ai entendu et je l’ai même vu. Par Skype. Bali ne serait pas Bali si je n’avais de contact avec Fred. Quel destin !

J’ai des souvenirs précis, des images récurrentes avec Fred. La première est celle d’un grand et costaud qui est dans le bungalow à –côté du mien chez Arthawan. J’avais eu l’adresse, lors de mon second voyage à Bali en rentrant d’une odyssée en bateau qui m’avait mené à Florès. Le lieu de retour était Denpasar et on avait avec deux hollandais – qui ne faisait que dire ‘bagus ‘ (bien) chartérisé un minibus pour rejoindre Kuta. Je les avais suivi dans cet hôtel à étages dans le centre de Kuta, dans la Poppies. L’avantage de Arthawan, c’est d’abord le prix, un petit déjeuner correct, une cuisine qui permet de discuter, des voyageurs à rencontrer. L’inconvénient – qui lui a fait perdre son nscription dans les guides – c’est qu’il loue de chambres à des javanaises qui lui permet de louer des chambres pour des rencontres d’un soir. Arthawan m’a sauvé lors d’un de mes précédents voyages, lorsque tout ou presque était complet. C’était la fois où j’avais une chambre – la dernière de libre – qui donnait dans la rue et dans laquelle j’avais l’impression d’avoir le concert live de l’autre côté de la rue, du Bob Marley une partie de la nuit. Parfait pour ne pas dormir. Je subissais en plus le décalage horaire.

Je vois donc ce voyageur, que je classe comme français en voyant son guide. Il engage la conversation en anglais et je lui dis que je suis français. Il me dit qu’il va partir quelques jours, voire deux semaines pour faire le tour de Bali en moto. Je lui dis que je suis partant mais que je ne suis pas à l’aise sur ce genre d’engin surtout avec la circulation. Il me comprend et cela sera parti pour non pas deux semaines mais dix jours de découvertes mémorables. Le point culminant de notre périple sera le Kawa Ijen. Fred avait déjà fait la descente mais n’avait pu aller au point zéro et il le voulait ce point zéro dans cette montagne de souffre où il vaut mieux porter un masque et ne pas mettre le pied dans de l’acide. 

Dans le guide Lonely planet, ils mentionnaient deux chemins, un long et un court. Le court était décrit comme « impraticable ». C’est vrai, sauf pour nous. Lorsqu’il raconta notre ascension en scooter à un voyageur, celui ne le croira pas, alors Fred lui dit « va sur Lastdays ! ». Lors de cette montée, nous ne croiserons aucun scooter juste des 4x4 qui descendaient, aucun véhicule ne se hasardant en sens inverse. Finalement, nous l’avons fait, nous sommes arrivés et le lendemain matin, tôt, très tôt, nous sommes partis et avons réussi à atteindre le point zéro. Ce qui fut dangereux, ce fut un changement de vent qui poussa la fumée vers nous. Plus de visibilité. Heureusement Fred avait prévu des masques qui filtraient les particules. Un peu de peur mais sans mal. Depuis, le point zéro est interdit aux touristes. Quelques mots sur les porteurs de souffre. Ils sont payés au poids, tout se fait manuellement. Ils ont un long bambou et à chaque extrémité un panier pour équilibrer le poids. Pour se donner du courage, ils fument, plutôt des cigarettes indonésiennes. Certains, à force de rencontrer des touristes savent parler quelques mots. Ce laborieux et éreintant travail est payé le double que la moyenne nationale (environ) mais l’espérance de vie est réduite, vraiment réduite (la quarantaine).

Pour finir et faire court sur les nombreuses aventures de Fred, je garde le sauvetage d’un couple lors d’une plongée, alors qu’il était client. Le dive master en fait n’en était pas un et il y eut un problème d’air sur une bouteille. Le fau dive master a paniqué mais pas Fred qui est dive master (il a eu plusieurs vies). Il sauve monsieur qui pour le remercier l’invite à son hôtel. Après quelques boissons, Fred va reprendre son scooter qu’il a du mal à retrouver vu l’heure (mais ce n’est pas la seule excuse). Il tombe alors sur un agent de sécurité qui va l’aider et ils vont s’échanger les numéros de téléphone. Il faut préciser à ce stade que l’agent de sécurité est une jolie jeune femme.

Avec cette rencontre, Fred va apprendre l’indonésien et c’est à Bali qu’il rencontrera sa future femme, originaire de Sumatra. Une belle histoire qui passe par un mariage et bientôt un heureux évènement. Fred a choisi l’hémisphère sud à la France, part dans un long voyage, celui de la famille. Il garde encore des attaches en France mais son futur sera sous des températures avoisinant les 28 degrés toute l’année.

J’ai pu avoir Fred au téléphone quelques jours après mon arrivée et on a fait un Skype. La technologie peut avoir de bons côtés. J’imagine bien Fred ouvrir un restaurant français à Sumatra (plus qu’un restaurant indonésien en France) ou alors créer un site Internet de services pour régler les problèmes administratifs de ceux qui veulent venir et s’installer à Sumatra ou alors entrer dans le groupe d’un éditeur de livres sur les pays tellement il connaît adresses et bons plans ou enfin se lancer dans l’exploitation du cacao !

Aujourd’hui, j’ai pu écouter le Masque et la Plume (non, je n’ai pas été cité mais j’ai tout de même vu deux films qui étaient sur la liste) et enfin acheter ma pompe pour le gallon d’eau. Un gallon fait 19 litres, il correspond en prix à environ trois bouteilles de 1.5 l que l’on trouve dans les supérettes. Le souci, c’est que depuis deux ans, je n’arrivais pas à trouver le « pompeur ». Il aurait fallu  que j’aille à Carrefour (car il y a un hypermarché Carrefour à Kuta) mais c’est loin, il faudrait prendre le taxi et surtout, cela me rappellerai trop la France.

J’ai donc trouvé l’instrument au Bintang lors de notre longue marche que je vous conterai demain.

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