le pronom « nous » est-il entré en zone omineuse ?

Publié le 18 Février 2016

 

Lisant les deux papiers politiques de la page huit du Monde daté 29 janvier, sur la gauche gouvernementale après le départ de Mme Taubira, nous nous sommes dit qu'en plus de ceux de la gauche, les jours du pronom "nous" étaient peut-être comptés, et avec lui la conjugaison qui s'y rapporte, celle de la première personne du pluriel.
Ces deux papiers contiennent beaucoup de citations orales de politiques, où il est facile de constater que le nous cède très souvent le pas au on :

"On est pragmatique. Le président de la République prend des orientations et le dispositif est ajusté en fonction."
"Si on veut rassembler notre camp, il faudra le faire à gauche."
"Comment on espère y arriver, avec un tel dispositif ?"
"Si ces gens là ne sont pas avec nous, on ne gagnera rien et eux non plus."
"Elle avait compris qu'on ne bougerait pas sur le fond."

Il y a plusieurs autres on, mais qui ne sont pas mis pour nous :

"Comment est-il possible d'être là quand une disposition à laquelle on s'oppose est introduite... ?"
"Ce rassemblement des Français ne passe pas nécessairement par les personnalités mais plutôt par les décisions politiques qu’on prend."
"réplique-t-on à l'Elysée, où on défend l'idée d'une séparation."

Bref, on est fréquent, et semble remplacer nous dans la plupart des cas de figure. Nous est-il en train de tomber en désuétude, entraînant dans sa chute les terminaisons de la première personne du pluriel ? Doit-on s'en inquiéter ou devons-nous nous en inquiéter ?

Publié dans #langue sauce piquante

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