« c’est vrai que… voilà »

Publié le 28 Novembre 2015

AVEZ-VOUS écouté le Masque et la plume, émission de critique bien connue et assez sympathique, la plus ancienne des ondes, dimanche soir 22 novembre ? Elle s'est autocélébrée à l'occasion de son soixantième anniversaire, avec une nette tendance à l'autosatisfaction et aux phrases sucrées. Seul intérêt : nous avons pu y entendre des extraits datant des années 1960 et 1970.

Quel contraste avec la façon dont on cause maintenant dans cette émission : vocabulaire plus étendu, syntaxe plus recherchée et pas ces mots béquilles de l'expression orale désormais incontournables et surtout insupportables : "c'est vrai que", qui ouvre une proposition sur deux, ponctuée par des "voilà !" à n'en plus finir, avec son cortège interminable de "vrai" (c'est un vrai écrivain, un vrai problème, une vraie œuvre...), sans compter quelques débiles "au final".


Il faudrait étudier particulièrement l'expansion foudroyante de la préposition voilà, contraction de vois là. Alors qu'elle devrait annoncer quelque chose, là, on ne voit rien venir, seulement la boursouflure et la vacuité : elle permet juste de se passer d'un développement, voilà.

 

 

 

 

Publié dans #langue sauce piquante

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