Avec Harvey Keitel et Michael Caine, le cinéaste italien nous offre plutôt une cure de "Youth".

Publié le 14 Septembre 2015

Avec Harvey Keitel et Michael Caine, le cinéaste italien nous offre plutôt une cure de "Youth".

« Sénile », « passéiste », « racorni », «creux», «ringard», «repoussant», j’en oublie. L’Italien Paolo Sorrentino, 45 ans, aurait étranglé son grand-père et empoisonné sa grand-mère qu’on ne l’aurait pas traité plus mal.

C’était à Cannes, où «Youth» était présenté en compétition officielle et où la virtuosité indispose, surtout lorsqu’elle est rehaussée par de l’humour (rire à Cannes, c’est comme fumer en avion: un délit doublé d’une faute de goût).

Or « Youth » est à la fois brillant et drôle, euphorisant et canaille, aussi saignant que «les Côtelettes», de Bertrand Blier. Dans un palace helvétique situé au pied des montagnes et aux portes de l’éternité, deux amis octogénaires s’octroient un supplément de bon temps.

Sir Michael Caine, classe affaires, interprète un chef d’orchestre qui refuse de diriger devant la reine d’Angleterre, mais accepte, dans une prairie, de conduire un concerto pour cloches bovines. Et Harvey Keitel, style vieil Hollywood, joue un cinéaste démonétisé qui essaie de terminer, dans la procrastination, un scénario pour Jane Fonda, laquelle le lui jette à la figure dans une scène d’anthologie.

Ces deux rois fainéants qui se regardent tantôt le nombril et tantôt la prostate ont inspiré au réalisateur clinquant d’«Il Divo» et de «la Grande Bellezza» une fable loufoque, où Miss Univers, Maradona, le dalaï-lama font de la figuration, et dont on préconise la diffusion thérapeutique dans les services de gériatrie. Car, n’en déplaise aux grincheux, aux jeunes barbons, on ne voit pas le temps passer dans ce film sans-gêne sur le temps qui passe.

Publié dans #Jérôme Garcin

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