BALI 7 : God bless you

  • Kitano
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On est dimanche et la dernière courte semaine s’annonce.

On va enchaîner deux jours de congé : le dimanche et demain la fête de l’Indépendance. Il y aura encore plus de monde et encore plus d’indonésien sur la plage à partir de 16h30, car avant, cela ressemble presque au désert de Gobi (que je ne visiterais pas tout de suite).

 

On croise souvent notre ancien voisin allemand qui marche pieds nus : au Warung situé au 49 en allant sur la place de Patimura à gauche, au jus de fruits et sur la plage. J’ai remarqué un autre personnage sur la plage : un monsieur aux cheveux blancs. Il est indonésien, cela est certain. Il est tout maigre, grand mais maigre comme sorti d’une longue maladie. Je l’ai remarqué d’abord par son allure mais aussi parce que je l’ai vu joué au frisbee … tout seul ! je l’ai croisé un matin en scooter et aussi un soir, en attente de se faire véhiculer.

 

En cette fin de voyage, les personnages les plus sympathiques resteront le tenancier du Warung Seven (à gauche au carrefour du Frog, tout droit) ; Nawill le frère d’Asli mon marchand de maïs, le sauveteur de notre zone en juillet et bien entendu Marcello, mon sauveteur.

 

Aujourd’hui, du classique ou presque. Le tout petit se réveille le premier vers 6h30. Je continue à dormir. L’explication est qu’il serait réveillé par la lumière du jour. Il ne fera qu’une sieste de 45 minutes et s’écroulera vers 20h30.

 

Cet après-midi sur la plage, lors du retour, il a fait rire une demi-douzaine d’indonésiens qui le regardaient marcher. Il marche, il s’arrête, montre le ciel avec son doigt (« doigt déique »), continue à marcher, titube mais ne tombe pas. Il a compris que pour se faire aimer, il faut donner. Il a aussi compris qu’en tant que second, il devait faire plus d’efforts que son aîné qui aujourd’hui n’a pas été insupportable, même s’il voulait ce soir un gâteau qu’il n’a pas eu car Nawill (notre marchand de maïs) lui  avait acheté des cacahuètes et un gâteau au chocolat au tout petit. Les deux ont compris que le gâteau au chocolat est meilleur que le maïs !

 

Ce soir, j’ai donné deux cartes timbrées à l’adresse de mes enfants pour avoir des nouvelles. Il y a deux ans, j’en avais donné une à son frère mais je n’ai rien reçu. Ce qui doit être un frère de Nawill prend mon adresse facebook, même si je n’y vais que très rarement. Je suis old fashion dans mes relations, je n’arrive pas à livrer ma vie à des dizaines de personnes par un symbole j’aime. Pour donner une information style ‘on est bien arrivés’ ou autres, cet outil peut-être intéressant mais pour le reste, je n’y arrive pas du tout. Trop d’informations tuent l’information.

 

Ce matin, en allant acheter des fruits pour la dernière fois, on passe devant l’église. La messe est en anglais, il y en a une autre en indonésien une heure avant ou après. Il y a de la musique, on entre.

Une indonésienne a un micro et chante les paroles  vidéo projetées sur un grand écran. L’ambiance est chaleureuse, deux personnes lèvent les bras, il y a un groupe qui joue la musique.

Sur l’écran, le titre en est « Dieu est ton ami », le refrain « si tu l’appelles, il te répondra ».

 

Cela me fait penser à Don Camillo. Il y a deux scènes que j’adore : celle où Don Camillo à la fin d’un film, suite à une inondation, reçoit une planche sur la tête et se retrouve dans une barque ; en ouvrant les yeux, il voit des lumières blanches autour de lui, comme un halo et lorsqu’il voit Peponne, il dit « Seigneur, je suis en enfer ! ».

L’autre scène est plus profonde. Cela doit être dans le premier épisode avec Fernandel (le dernier film de la série n’est plus avec lui suite à son décès au cours du tournage). Don Camillo, porte la croix (au sens propre) vers son église, c’est la nuit, il trébuche et lorsque le Seigneur lui parle, Don Camillo lui dit « enfin Seigneur, vous me parlez enfin » et le Seigneur de lui répondre « C’est Toi Don Camillo qui ne m’écoutait plus ».

 

Cela me fait penser à mon neveu qui n’a pas entendu la voix, qui n’a pas vu les voies qui s’offraient à lui, enfermé par lui-même dans une spirale dont il commençait à sortir. C’est comme avec mes enfants, ils savent marcher, se tenir droit face aux vagues (au moins le grand) mais ils ont besoin de ma main, que dis-je quelquefois d’un doigt pour les aider. Ce n’est pas le doigt qui les aide mais plutôt l’idée qu’ils sont aidés et donc qu’ils peuvent affronter les éléments avec confiance.

Qu’un enfant mette la tête sous l’eau tout seul alors que quelques semaines auparavant, il ne l’aurait jamais fait relève d’efforts et d’un changement d’attitude énorme.

 

En quittant l’église, une personne nous dit ‘God bless you’.

Bénis soit alors ceux qui lisent mon blog, les surfeurs qui respectent la zone des baigneurs, les personnes qui aiment, les personnes de bonne volonté, ceux qui jouent au frisbee tout seul et tous les autres que j’ai oubliées, sans oublier mon neveu ; même s’il n’a jamais été baptisé.

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Citation extraite " Notre vie occidentale, organisée, pleine de petits buts précis, ne nous laisse pas beaucoup de place pour le silence, l’attente, la perte de temps. Nous préférons de loin perdre notre temps à le remplir. On regrette souvent ce manque de calme, on rêve d’une année sabbatique qu’on ne prendra jamais, mais on ne fait rien pour se ménager de petites récréations de silence et de vide.<br /> <br /> S’abaisser physiquement le permet. Sans doute car il est contre notre nature de survivants et de combattants de se mettre à terre, dans une position vulnérable. Peut-être parcequ’il est contre notre nature maladivement orgueilleuse de s’agenouiller de façon humble et soumise. "<br /> EXTRAIT DU BLOG DE THIERRY BIZOT
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à bientôt car sans Toi, c'est pas pareil ! -  Hébergé par Overblog