BALI 7 : Eternal flame

Publié le 29 Juillet 2015

Wayan est revenu de sa célébration, les drapeaux de baignade sont revenus sur la plage, mais pas la joie d’antan à être ici.

J’ai retrouvé le bon goût de thé, plus élaboré que le swari classique que le Komala et les restaurants servent : sosro avec une boîte marron ; en fait c’est du thé au jasmin. Ce matin, boisson énergisante oblige me voici en forme malgré le peu d’heures dormies. Heureusement le café du matin va aussi me remettre sur pied.

Il y a une courte liste à faire mais avec deux enfants en bas âge, cela réduit notre autonomie et donc notre périmètre. Direction une laundry, demain les vêtements seront lavées, repassées et sentiront une douce odeur de frais. Il a fallu que j’explique à la dame que je voulais l’option « pièces » et non pas l’option « kilo », cela change le prix, le double en fait. Nous continuons le chemin au bout de la rue Patimura et là aussi, il y a de nombreuses boutiques fermées. Par contre, le restaurant tenu par des chinois est toujours présent et s’est en plus agrandi.

Ce restaurant propose une large carte de plats qui s’est étoffée avec une carte de viande. Ils sont trop forts, ces chinois. Ce sont les seuls à proposer des poissons grillés – hors la Legian. Ils ont racheté la place dans laquelle avec Fred, nous avions mangé une langouste que nous avions achetée au marché. Nous étions allés dans cette place qui était un restaurant, et nous avions négocié pour qu’ils nous cuisent la langouste et que nous mangions chez eux. Il n’y a pas de relation entre cette langouste et la fin de ce restaurant.

Comme il est encore tôt, nous prenons à gauche, au bout de la Patimura pour voir que le coiffeur est toujours présent ainsi que le marchand de colliers mais il doit être en vacances selon son affichette. Nous continuons pour tomber sur un stand de fruits. C’est rare. Emplettes : pommes, sisrak (une coque marron qui cache un fruit ferme à noyau avec une texture qui peut rappeler la pomme et la poire, petites lychees, fruit de la passion). La jeune fille prend une toute petite pomme et la tend à notre tout petit qui ne peut encore la croquer.

Il est temps de manger un poisson grillé. Le repas le plus cher du voyage. C’est très bon. En allant acheter les yaourts pour les enfants dans une boutique ouverte 24 heures sur 24, je m’aperçois par exemple que sur un lait de soja, le prix peut varier jusqu’à 50% de plus. En valeur absolue ce n’est rien mais à force cela augmente les dépenses du voyage et pousse les prix vers le haut.

Sieste et retour vers la plage mais tardivement, vers 17 heures. Heure qui fait ressentir plus l’eau froide que le vent chaud, plus les faibles vagues que les rouleaux. Cette année, je n’ai presque pas à faire la police. Je fais remarquer à deux personnes qu’ils sont dans une zone de baignade. Ils comprennent. Il y a deux ans, c’était horrible, surtout les écoles de surf de l’est, ils se croyaient tout permis. Leur nombre a dû baisser ou alors il y a eu une meilleure connaissance des règles.

C’est une des rares évolutions positives pour cette année. Je me souviens qu’une année, j’avais une remarque à une fille qui surfait dans la zone baigneurs et elle m’avait répondu qu’elle n’était pas la seule. Je pense que j’avais dû la recadrer en lui disant que je m’adressais à elle, aux autres ensuite.

Le soleil va se coucher et en France, on se prépare pour la cérémonie d’enterrement. On retourne manger chez le masakan de la semaine dernière où il y avait une vingtaine de plats. Je vais goûter un plat de Sumatra : en fait de la viande en sauce mais avec un seul morceau de viande. On a essayé de trouver un autre masakan mais sur le chemin ma compagne a vu des rats …  elle n’aime pas. Moi, cela ne m’impressionne pas. On a donc arrêté notre marche pour faire marche arrière. A 20h30, j’ai allumé une bougie sur la table, il était 14h30 en France, l’heure de la messe.

Nous rentrons, couchons les enfants et me voici en train d’écrire ce billet avec toujours la bougie allumée à mes côtés. Ma compagne se lève, et est prise d’une crise d’angoisse. Je la rassure. Cela faisait beaucoup elle, en ce jour. Elle connaissait mon neveu.

Deux anecdotes le concernant. La dernière fois, l’ultime fois, qu’il a mangé avec nous, il nous a quittés plus tôt que prévu car il voulait faire courir les chiens de la spa, tout un samedi après-midi. La deuxième est plus révélatrice. J’étais avec lui et son père plus une amie chez mes parents. On discute, on rit, ils nous quittent. Il m’a fallu une longue discussion avec l’amie pour que je la persuade que je n’étais pas le père ! Elle ne me croyait pas !

La bougie que j’avais mise sur un cendrier en bois à l’envers brûle toujours malgré le peu de cire, je crois même qu’elle brûle le cendrier. Je dois l’éteindre, il est tard. Mais, pour mon neveu, il était déjà trop tard pour redresser un destin.

 

 

Rédigé par Kitano

Publié dans #Voyages

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Teache A 30/07/2015 06:13

J'ai fini par voir l'avis de décès sur le net ....ce sont des choses compliquées ...

kitano 31/07/2015 08:31

compliquees ... ce qu il devait souffrir ...